AHWK – Les amis du Hartmannswillerkopf

Soldat Claude Marie DUPONT, du 334ème Régiment d’infanterie

carnets Dupont

Nous remercions tout particulièrement monsieur Jean DANZE, qui les avait trouvés dans la maison de Claude Dupont et nous les a gracieusement transmis. Monsieur Danzé ayant contacté la personne qui semble être la dernière des ayant droits, nous a confirmé l’autorisation de diffusion des ces carnets sur notre site.

Le premier carnet a disparu lors des combats du 15 octobre 1915 au Hartmannswillerkopf, selon le récit de l’auteur. Les cinq suivants concernent le front des Vosges, le sixième le Chemin des Dames.

15 octobre 1915

……en une minute il tombe le crâne ouvert par une balle et un œil arraché, le malheureux il n’a pas dû souffrir. On nous fait faire demi-tour car il n’est pas possible d’avancer et à ce moment on ignorait totalement la position de l’ennemi qui avait pris toutes les tranchées de la 19ème compagnie et une partie de la 20ème compagnie c’est-à-dire tout le sommet au moyen de liquide enflammant les tranchées qui étaient toutes en feu. L’ennemi contourna la 19ème compagnie dont une grande partie fut faite prisonnière, et il n’est resté qu’une vingtaine d’hommes un sergent et trois caporaux qui sont parvenus à s’échapper. Mais grâce à l’énergie et au courage de notre Commandant qui a défendu avec une poignée d’hommes en criant «la compagnie en avant ! » et en nommant plusieurs faisant croire à l’ennemi qu’il était là plusieurs compagnies de renfort. Il reçoit la médaille militaire. Il l’avait bien méritée car grâce à son énergie l’élan de l’ennemi a été arrêté et on a pu conserver le poste de commandement, le poste de secours (que l’on n’a pas pu utiliser car enveloppé sur deux côtés par l’ennemi) et un fort dépôt de munitions.
Une fois que nous avons reconnu l’avance de l’ennemi on nous fait replier pour nous éviter d’être fauchés inutilement, rien n’étant préparé pour la contre-attaque. On se repli (suite 5h30 du matin) … de 200 mètres en arrière. On se déploie en tirailleurs dans une ancienne tranchée. Pour ma part je me suis retrouvé le premier avec mon ami Fayard, nous nous débarrassons de nos lettres et moi de mon carnet de campagne que nous mettons sous de vieux morceaux de couvertures, craignant d’être faits prisonniers. Les chefs nous crient d’avancer mais pas un ne voulait passer devant nous ce qui faisait voir leur bravoure ! Mais craignant que l’artillerie ne raccourcisse son tir et aussi que l’ennemi enfonce les nôtres du 57ème Territorial qui se trouvait devant nous, nous avançons mon ami Fayard et moi suivis d’une dizaine d’autres jusqu’à la première ligne du 57ème Territorial. Une fois là nous attendons notre contre-attaque que l’on organise aussitôt avec deux compagnies du 19ème Chasseurs à Pied et environ soixante hommes de notre bataillon restant de la 19ème, 20ème et 18ème compagnies. On nous place sous le commandement du lieutenant Berthet. Notre camarade Drut est pris comme homme de liaison sous sa conduite. Les Chasseurs se déploient sur la gauche et nous sur la droite de manière à prendre le rocher où l’ennemi est en plus grand nombre et le point le plus dominant. Pour y arriver il nous faut franchir un boyau où il y a deux autres embranchements
Nous nous y lançons résolument avec des grenades, mais au moment où nous arrivons près de ces embranchements, l’ennemi nous attend sans qu’on puisse le voir, il nous harcèle de boites à mitraille et de grenades au fur et à mesure qu’on avance. On est fauchés une quinzaine tombent morts ou blessés grièvement. On se replie on nous crie d’avancer coûte que coûte. Le Lieutenant Jacquenet s’avance devant revolver au poing, mais au moment où nous avançons de nouveau une boite à mitraille lui brise les deux jambes, lui coupe un doigt et de nombreuses autres blessures. On l’emporte aussitôt presque mort sur une porte que j’arrache à un abri. Nous voyant dans l’incapacité d’avancer sur un ennemi dix fois supérieur en nombre, nous dominant par la position élevée qu’il détient et abondamment pourvu de toutes sortes de munitions et mitrailleuses ainsi qu’un canon-revolver, qu’il nous a enlevé, notre Commandant renonce à poursuivre l’attaque. Bien lui en prend car nous aurions été tous écrasés. Nous avions en effet à lutter contre quatre bataillons de Chasseurs de la Garde Impériale de vingt à vingt quatre ans. Pendant ce temps les ‘marmites’ rappliquent sur nos camps de réserve, le bois est complètement fauché et nos abris démolis. Heureusement pour nous que nous sommes partis renforcer dès les premiers coups. La 3ème de nos sections qui est partie après nous a été sérieusement accrochée.
Pendant le reste du jour c’est une lutte continue, d’obus, de grenades, de boites à mitraille, de torpilles. Nous passons la journée sans manger. Un morceau de pain sec m’est donné par un camarade du 57ème Territorial, je le mange à belles dents. La nuit on nous emmène faire une tranchée qui doit nous servir d’abri pour l’attaque que nous devons faire le lendemain. Nous nous mettons à la besogne. La terrible nuit ! Il nous a fallu travailler en plein découvert l’ennemi nous dominant sur le sommet, à quatre-vingt mètres de nous munis de mitrailleuses et de munitions ainsi que de nos canons-revolvers. Il fallait travailler à moitié couchés dans les racines et les pierres. Les balles, les bombes, les torpilles risquaient de nous arriver dessus à tout instant, aussi on ne pouvait pas faire de bruit de crainte d’être repérés. Nous bûchons toute la nuit. Nos morts jonchent le sol tout autour de nous. Au jour nous prenons position pour l’attaque dans la tranchée que nous avons faite.

Samedi 16 octobre

Il fait beau.
2ème jour de combat.
Mais messieurs les gradés qui n’avaient rien fait, et plusieurs fainéants se placent dans la tranchée que j’ai creusée et moi je suis forcé de me placer derrière un sapin, de 5 heures du matin jusqu’à 11heures 30. Je me blottis derrière et comme coussin j’avais deux rangs de fil de fer barbelé qui me perçaient les genoux. Étant bien placé pour voir ce qui se passe en avant, j’aperçois un officier ‘boche’ debout derrière un abri à gauche du rocher, un béret de Chasseur Alpin le déguise, je lui vois toute la tête. Je veux le tirer, mon Lieutenant m’en empêche. Je me résigne bien malgré moi, je continue à observer ses mouvements. A un moment il a dû nous apercevoir car il donne un coup de sifflet et se cache. J’avertis mes camarades, une minute après une terrible explosion éclate qui dure au moins deux minutes. L’ennemi venait de faire sauter un de nos dépôts de munitions. Nous sommes atteints à plusieurs par les pierres et projectiles de toutes sortes qui nous arrivent dessus. Je reçois une pierre sur un bras qui me le paralyse un bon moment mais je ne bouge pas de ma place et continue à observer l’officier boche qui est revenu à sa place. Notre Lieutenant se sauve de la détonation quoique n’ayant pas été touché. Il y a une dizaine de blessés parmi nous. Environ une heure après, un nouveau coup de sifflet par le boche, on se tapi du mieux qu’on peut et une minute plus tard ils font sauter notre autre dépôt de munitions. Quelques-uns se sauvent parmi lesquels un sous-officier se disant fortement blessé. Les balles, les obus, les bombes et torpilles tombent avec acharnement. Je tourne autour de mon sapin pour m’éviter d’être toucher. A neuf heures notre artillerie commence le bombardement pour l’attaque. Les obus rappliquent en grande quantité et on n’écoute qu’un sifflement. Tout près de moi pendant tout le bombardement il y avait un sac de grenades, heureusement qu’elles n’ont pas éclaté sans quoi j’étais foudroyé… ! Il y en a plusieurs qu’on dirait qu’elles n’éclatent pas.
Le tir est bien réglé, tous les obus tombent en plein sur l’ennemi, quelques-uns sont un peu courts et nous recevons plusieurs de nos projectiles. J’agite fortement un drapeau blanc qui est près de moi pour montrer notre ligne à nos artilleurs qui comprennent et allongent un peu. Pendant tout le bombardement je ne cesse de regarder mon ami Fayard, et lui de même, nous demandant si on n’était pas blessés.
A onze heures nos Chasseurs à Pied se préparent pour l’attaque et une heure plus tard nous nous lançons tous pendant que notre artillerie tire devant nous. Nous poursuivons l’ennemi dans sa retraite, nous nous emparons des premières tranchées et d’une mitrailleuse qui nous tirait dessus et faisons prisonniers huit boches.

Mon ami Fayard et moi nous ne quittons pas d’un pas. On s’avance vers une tranchée où les boches nous tirent dessus.
En arrivant il y a un des nôtres qui tombe d’une balle au cœur.
J’ouvre mon magasin de fusil et tire mes neuf cartouches et toutes ont dû porter car il n’y a plus un coup de fusil devant nous. Je saute dans la tranchée suivi de Fayard où nous trouvons des équipements complets de boches et de grandes quantités de munitions. Je prends un équipement complet boche et autres objets ainsi qu’un colis où il y a du beurre, des biscuits boches et du fromage de gruyère. Nous y dévorons sans pain car on a bien faim. Les gradés nous crient d’avancer mais eux n’avancent pas et sont à vingt mètres derrière nous. On leur répond qu’ils passent devant, qu’on ne peut avancer sans être fauchés, l’ennemi étant bien abrité à quelques mètres de nous et les balles et les grenades tombent drus dans la tranchée près de nous. Si on avait fait quelques mètres de plus on était surement tués sans que l’on puisse avancer. Un abri où il y avait quantité de munitions brûle prés de nous ne cessant de produire des éclatements. Nous nous mettons au créneau, il fait déjà un peu noir. Plusieurs boches passent en avant de nous, on en abat sûrement trois et nous restons toujours dans la tranchée que nous venons de prendre. Vers vingt- deux heures l’ennemi nous bombarde violemment pendant plus d’une heure, on s’attend à une attaque mais ils ne sortent pas. Le bombardement se poursuit intermittent toute la nuit.

Dimanche 17 octobre

Il fait beau.
A cinq heures du matin nouveau violent bombardement de l’ennemi qui dure plus d’une heure. On les attend de nouveau mais ils ne sortent toujours pas. Nos Chasseurs sortent et prennent un fortin, font plusieurs prisonniers et prennent une mitrailleuse.

On écoute un blessé boche qui crie qu’il veut se rendre, un de leurs officiers le tue d’un coup de revolver. On les entend crier leur indignation car ils étaient plusieurs qui avaient la même idée et vont probablement subir le même sort. Cela donne bien une idée de la manière dont l’ennemi il mène leurs troupes !
A huit heures je vais voir mon pauvre ami Bernard. Je le retrouve parmi une soixantaine de morts qu’on avait rangés pour les enterrer. Il a la tempe trouée, un œil lui sort et le nez coupé. Il était enflé surtout de la figure. Je lui ai fait une fiche, car il n’en avait pas, et de cette façon il aura sa petite croix de bois avec son nom gravé. Il y avait aussi un Gardette, le frère du maréchal de Marcigny il avait sa fiche. Ensuite je vais chercher mon carnet de campagne et mes lettres que j’avais cachés avant l’attaque mais je ne retrouve plus rien, tout avait été ramassé.
Tout le jour et la nuit il y a un fort duel de bombes, grenades et torpilles sans nous faire grand mal. Le lendemain matin nous sommes relevés par la 4ème compagnie du 13ème Chasseurs à Pied.

Lundi 18 octobre

Brouillard. Vais bien.
Départ pour Bitschviller à 5 heures 30 du matin. On nous fait suivre la tranchée pour arriver au camp des Réserves. On nous fait faire la pause au camp de René Floud (?) On mange la soupe et on boit le café. Nous repartons et on arrive à trois heures au cantonnement de Bitschviller.
Dans le combat de l’Artmansviller nous avons eu environ un millier d’hommes hors de combat. Pour l’ennemi les pertes sont bien plus fortes. Ils ont eu plus de 2000 blessés, sans les morts.
Le reste de la journée on a eu repos.

Mardi 19 octobre

Beau , vais bien .
Cantonnés dans les usines Scheurer et Martinet.
Étélaver mon linge et porter mes affaires boches en consigne après les avoir emballées dans une caisse que j’ai fait faire
A Bichviller il y a deux grandes usines qui occupent des milliers d’ouvriers et d’ouvrières, très bien montés comme machines et bâtiments partout éclairés à l’électricité. On y fait de belles pièces de coton de toutes sortes d’étoffes, nous sommes bien au chaud, mais la paille est remplie de poux et de puces.

Mercredi 20 octobre

Beau , vais bien .
Matin et soir on nous fait faire l’exercice. Reçu 150 hommes de
renfort pour le régiment venant du 81ème .

Jeudi 21 octobre

Beau , vais bien .
Matin et soir nous sommes à l’exercice .
Dîner en ville , j’ai bu un bon coup.

Vendredi 22 octobre

Vais bien , beau . Matin et soir à l’exercice.

Samedi 23 octobre.

Beau, vais bien. Matin et soir à l’exercice.
L’ennemi bombarde Bichviller, plusieurs personnes sont blessées.

Dimanche 24 octobre

Beau, vais bien. Nettoyage des effets et équipements et revue d’armes en tenue de campagne à 15 heures. Soir ennemi bombarde Soultz.

Lundi 25 octobre.

Pluie, vais bien. Exercice matin et soir.

Mardi 26 octobre.

Brouillard, vais bien. Matin en marche sur la montagne, le soir au bain-douche. On a reçu en renfort 200 hommes du 81ème de ligne pour le régiment.

Mercredi 27 octobre.

Beau, vais bien, à l’exercice matin et soir. Un avion boche est descendu par deux coups de canon au dessus de nous. Au cours du combat sur l’Hartmannsviller vingt-deux hommes et le capitaine sont restés cernés par les boches le 15 octobre de 5 heures du matin à 16 heures le lendemain, c’est-à-dire 52 heures, privés de toute communication avec nous et exposés aux deux feux. Grâce au sang-froid et au courage du capitaine ils ne se sont pas rendus aux boches qui leur criaient de se rendre et ils répondaient par des grenades dont ils étaient bien pourvus. Ils ont beaucoup souffert du terrible bombardement de notre artillerie et c’est miracle que pas un n’ait été touché.
A 16 heures le lendemain le 1° Chasseur est arrivé à leur tranchée, c’était la délivrance !

Lundi 25 octobre.

Pluie, vais bien. Exercice matin et soir.

Mardi 26 octobre

Brouillard, vais bien. Matin en marche sur la montagne, le soir au bain-douche. On a reçu en renfort 200 hommes du 81ème de ligne pour le régiment.

Mercredi 27 octobre.

Beau, vais bien, à l’exercice matin et soir. Un avion boche est descendu par deux coups de canon au dessus de nous. Au cours du combat sur l’Hartmannsviller vingt-deux hommes et le capitaine sont restés cernés par les boches le 15 octobre de 5 heures du matin à 16 heures le lendemain, c’est-à-dire 52 heures, privés de toute communication avec nous et exposés aux deux feux. Grâce au sang-froid et au courage du capitaine ils ne se sont pas rendus aux boches qui leur criaient de se rendre et ils répondaient par des grenades dont ils étaient bien pourvus. Ils ont beaucoup souffert du terrible bombardement de notre artillerie et c’est miracle que pas un n’ait été touché.
A 16 heures le lendemain le 1° Chasseur est arrivé à leur tranchée, c’était la délivrance !

Jeudi 28 octobre

Beau, vais bien. Matin et soir à l’exercice. Départ des permissionnaires. Mon ami Brivet de Ceron ( ?) emporte mon fusil, baïonnette et autres objets boches chez moi.

Vendredi 29 octobre.

Beau, vais bien. Matin et soir à l’exercice. Un avion allemand nous survole. Le soir l’ennemi nous envoi plusieurs obus sur notre cantonnement.

Samedi 30 octobre

Beau, vais bien.
Matin et soir à l’exercice. Un Taub nous survole.

Dimanche 31 octobre

Beau, vais bien. Changé de cantonnement pour la côte 425. Partis à 3 heures du matin de Bichsviller, passés par Thann, grande ville avec de fortes usines, grandes rues macadamisées, belle cathédrale historique garnie de belles sculptures au dehors. C’est très intéressant à voir. La ville a beaucoup souffert des bombardements de tous côtés Les maisons sont crénelées et effondrées .
Pris la garde de jour et nuit.
Duels d’avions français et Allemands.
Bombardements intermittents sur le 213ème qui est sur notre gauche.

Lundi 1° novembre

Pluie, vais bien. De garde à la tranchée. Rafales d’obus par nous du côté de Dannemarie, l’ennemi a fortement bombardé Steinbach et nos tranchées. Notre artillerie bombarde fortement Mulhouse et les lignes dans la plaine. La nuit fusillade très vive sur l’Hartmannsviller.

Mardi 2 novembre

Pluie, vais bien.
De garde à la tranchée. L’ennemi bombarde fortement nos tranchées de Steinbach, le village et ceux du 213ème .

Mercredi 3 novembre

Beau vais bien.
De garde à la tranchée, un avion nous survole et lance des signaux au-dessus de nos pièces. Fort duel d’artillerie

L’ennemi bombarde fortement les tranchées, le poste de commandement et les réserves du 5ème bataillon du 217ème. La nuit fort duel de bombes sur nos tranchées.

Jeudi 4 novembre

Beau, vais bien.
De garde à la tranchée, deux avions allemands survolent nos positions. Sept avions français sont passés au-dessus de nous se dirigeant sur Mulhouse. Ils sont fortement canonnés, l’ennemi a tiré pas moins de neuf cents coups de canon sur eux.

Vendredi 5 novembre

Pluie, vais bien.
De garde à la tranchée, bombardement sur les tranchées du 213ème. La nuit duel de bombes sur nos tranchées.

Samedi 6 novembre

Beau, vais bien.
De garde à la tranchée. On signale une division allemande sur Mulhouse. Un avion allemand nous survole, et une brigade en réserve devant nous. On s’attend à une forte attaque ennemie.
Duel de bombes et torpilles sur Uffholtz. La nuit j’ai été en patrouille entre les tranchées près des boches.

Dimanche 7 novembre

Brouillard, vais bien.
De réserve à la tranchée, occupé au terrassement. Bombardement sur l’Hartmann. La nuit fort duel de bombes sur nos tranchées.

Lundi 8 novembre

Brouillard, vais bien
Occupé aux travaux de la tranchée. Bombardement sur le 213ème . Fort duel de bombes et de torpilles sur nos tranchées la nuit.

Mardi 9 novembre
Beau, vais bien.
Occupé aux travaux des tranchées. Un avion boche nous survole. Fort bombardement sur les tranchées ennemies face au 213ème, l’ennemi riposte en bombardant Steinbach et nos tranchées. La nuit duel de bombes et grenades sur nos tranchées.

Mercredi10 novembre
Pluie, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchée. Duel d’artillerie. La nuit duel de bombes et de grenades intense.

Jeudi 11 novembre
Pluie, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchée. Fort bombardement sur Munster et Metzeral. La nuit duel de bombes.

Vendredi 12 novembre
Pluie, vais bien.
Fort bombardement du côté du sud-est. La nuit duel de bombes.

Samedi 13 novembre
Pluie, vais bien.
De faction à la tranchée. Par suite de la pluie qui ne cesse de tomber nos tranchées sont effondrées ainsi que plusieurs de nos abris. Où je suis l’eau a envahi l’abri et plus de deux mètres-cubes de terre sont tombés dedans. Nous sommes obligés de nous coucher sous les fuites d’eau qui ne cessent de tomber dans la cabane. Notre artillerie envoie plusieurs obus sur les tranchées ennemies qui ne répondent pas. La nuit duel de bombes sur les tranchées.

Dimanche 14 novembre
Neige, vais bien .De garde à la tranchée. Le matin fort bombardement sur Dannemarie, la nuit calme dans les tranchées
Lundi 15 novembre
Beau, vais bien.
De garde à la tranchée. Bombardement des villages de la plaine par notre artillerie. Un Taube survole nos positions. Bombardement des tranchées ennemies. La nuit, calme on entend de gros charrois. C’est probablement de l’artillerie amenée près de ses tranchées pour nous bombarder.

Mardi 16 novembre
Beau, vais bien.
De garde à la tranchée. 6heures 50 du matin violent bombardement de l’artillerie ennemie amenée pendant la nuit. Ils arrosent la montagne de projectiles. Notre artillerie répond efficacement en tirant sur les tranchées ennemies et les villages. Un avion allemand et un français nous survolent, le français est fortement canonné par l’ennemi. Nuit calme.

Mercredi 17 novembre
Beau, vais bien.
Fort bombardement vers 10heures 30 sur le Sudelkopf. Duel de bombes sur nos tranchées.

Jeudi 18 novembre
Neige, vais bien.
De garde à la tranchée, bombardement sur nos tranchées. La nuit j’ai été en patrouille entre les deux tranchées, les boches étaient aussi en patrouille à vingt mètres de nous. La nuit violent bombardement et vive fusillade sur l’Hartmannsviller.

Vendredi 19 novembre
Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées; un Taub nous survole. Fort bombardement sur les tranchées boches. Ils ripostent en tirant plus faiblement sur les nôtres. Nuit assez calme. Quelques obus et bombes sur les tranchées de Uffholtz.
Samedi 20 novembre
Temps couvert, vais bien.
De garde à la tranchée, bombardement intense sur Uffholtz et sur nos tranchées adverses. La nuit ai été faire une patrouille en avant des lignes pendant douze heures, on n’a pas eu chaud ! Alerte en rentrant mais ça n’a pas attaqué.

Dimanche 21 novembre
Temps couvert, vais bien.
De garde à la tranchée. Bombardement intense sur les tranchées de Uffholtz et Hartmannsviller. La nuit fort duel de bombes suivi d’une fusillade sur Uffholtz .Les boches bombardent Steinbach sur le matin du lundi.

Lundi 22 novembre
Brouillard vais bien.
De garde à la tranchée. Fort bombardement intermittent pendant la nuit sur les tranchées d’Uffholtz.

Mardi 23 novembre
Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux des tranchées .Bombardement intermittent sur les tranchées de l’Hartmann et d’Uffholtz. La nuit duel de bombes.

Mercredi 24 novembre
Brouillard, vais bien.
De garde à la tranchée et au travail. Fort bombardement sur l’Hartmannsvillerkopf et Uffholtz. La nuit en patrouille entre les tranchées.

Jeudi 25 novembre
Brouillard, vais bien.
De garde à la tranchée. Fort bombardement sur nos tranchées ainsi que sue les tranchées d’Uffholtz.

Vendredi 26 novembre
Neige, vais bien.
De garde à la tranchée. Bombardement sur Uffholtz . Un avion allemand, un avion français.

Samedi 27 novembre
Beau, vais bien.
De garde à la tranchée. Bombardement par intermittence sur les tranchées d’Uffholtz et Steinbach . La nuit, calme.

Dimanche 28 novembre
Beau vais bien.
De garde à la tranchée. Une escadrille composée de six biplans français passe sur nos lignes venant de Belfort et se dirigeant sur Mulhouse. Ils sont fortement canonnés par l’ennemi. Plus de cinq cents obus sont envoyés. Deux avions allemands sont venus ensuite au-dessus de nos lignes. Bombardement de part et d’autre sur nos tranchées et celles d’Uffholtz. La nuit duel de bombes.

Lundi 29 novembre
Beau, vais bien.
De garde à la tranchée. Violent bombardement sur Dannemarie pendant tout l’après-midi jusqu’à la nuit. Duel de bombes dans les tranchées. Un avion français nous survole et il est fortement canonné. Là on écoute un fort roulage la nuit dans la plaine ennemie.

Mardi 30 novembre
Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit dans la tranchée. Le jour on travaille en dehors des heures de garde. Bombardement intense sur Steinbach et les tranchées de Uffholtz. La nuit fort duel de bombes sur nos tranchées.

Mercredi 1° décembre
Brouillard, vais bien.
Occupé au terrassement des abris. Fort duel d’artillerie. Fort bombardement sur Dannemarie et Altkirch. Nuit calme.

Jeudi 2 décembre
Pluie, vais bien.
De garde à la tranchée et occupé à déblayer la tranchée bouchée par le glissement de terre. Duel d’artillerie.

Vendredi 3 décembre
Pluie, vais bien.
De garde à la tranchée. Débarrasser les terres produites par les glissements consécutifs à la pluie qui tombe voilà huit jours en grande quantité. Les boyaux sont à moitié bouchés et l’eau passe dessus. On y entre jusque par-dessus les genoux. On travaille tout le jour avec la pluie sur le dos. On est trempés jusqu’aux os et rien pour se changer. Cote 425, tranchée à 400 mètres de Steinbach. La nuit duel de bombes sur nos tranchées.

Samedi 4 décembre
Pluie, vais bien.
Occupé à déblayer la tranchée sous la pluie à torrents, on a les jambes mouillées jusqu’aux genoux. La nuit duel de bombes.

Dimanche 5 décembre
Pluie, vais bien.
Occupé à déblayer la tranchée. Journée calme. La nuit bombardement sur Thann, un projecteur fouille le terrain à l’horizon.

Lundi 6 décembre
Tranchée de Steinbach cote 425. Grand vent, vais bien. De garde à la tranchée. Bombardement intense sur Altkirch et Dannemarie. La nuit fort bombardement de chaque côté sur nos tranchées.

Mardi 7 décembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchée et de garde au créneau. Deux avions français ont bombardé les lignes ennemies, un de nos biplans a plané plus d’une heure à faible hauteur, toutes les troupes ennemies devant nous ont tiré dessus ainsi que leurs mitrailleuses. Nos aviateurs ont continué leur reconnaissance pendant que les obus et les balles arrivaient par centaines sur eux. Il est ensuite reparti indemne dans la direction de Belfort. Nos avions ont essuyé pas moins de 500 coups de canon. Duel d’artillerie pendant une grande partie de la journée. A partir de 4 heures violent bombardement sur l’Hartmanns jusqu’à 9 heures du soir. Nuit calme.

Mercredi 8 décembre

Pluie, vais bien.
Bombardement sur les tranchées de Uffholtz ainsi que sur Altkirch et Dannemarie. De garde à la tranchée. La nuit bombardement sur l’Hartmannsvillerkopf devant nous.
Nuit calme.

Jeudi 9 décembre

Pluie, vais bien.
Occupé de jour à aller chercher la soupe aux cuisines, et la nuit de faction à la tranchée. Bombardement intense sur nos tranchées et celles de l’ennemi. Nuit calme.

Vendredi 10 décembre

Pluie, vais bien.
Occupé à déblayer la tranchée et de garde à la tranchée. Bombardement intense de chaque côté sur les travailleurs dans les tranchées. La nuit duel de bombes sur l’Hartmanns.
Samedi 11 décembre

Pluie, vais bien.
Occupé à étayer la tranchée et pris la faction au créneau. Bombardement sur les tranchées de part et d’autre. La nuit duel de bombes et fusillades intense de part et d’autre.

Dimanche 12 décembre

Pluie, vais bien.
Occupé à réparer les dégâts des eaux et de faction à la tranchée. L’ennemi bombarde notre tranchée. Plusieurs obus de 150 mm arrivent sur nous. La nuit bombardement sur l’Hartmann. La nuit bombardement de bombes et de torpilles.

Lundi 13 décembre

Neige, vais bien.
Occupé au déblaiement des tranchées. Duel d’artillerie. Ce matin j’ai failli être tué, une balle m’a rasé la tête tandis que je travaillais dans la tranchée et s’est logée avec force devant moi. La nuit duel de bombes sur nos tranchées, et fort duel de mitrailleuses.

Mardi 14 décembre

Beau, vais bien.
Occupé pour l’ordinaire et de faction à la tranchée. Bombardement intense sur nos positions ainsi que sur celles de l’ennemi par nos pièces sans pertes importantes pour nous. Deux avions ennemis survolent nos positons dans le matin. Le soir six de nos avions sont passés sur nous se dirigeant sur l’Allemagne. Ils ont été fortement canonnés. La nuit duel de bombes et de grenades.

Mercredi 15 décembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchée. Un avion ennemi nous survole dans la matinée. Fort bombardement sur le sud et l’Hartmann ainsi que sur Altkirch .Bombardement de part et d’autre sur nos positions et duel de bombes.

Jeudi 16 décembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées et de faction au créneau. Une escadrille française de douze avions nous a survolé et s’est dirigée vers l’intérieur de l’Allemagne. Deux avions ennemis nous ont aussi survolé principalement sur l’Hartmann. Violents bombardements dans la journée de chaque côté de nous sur Metzeral et Altkirch. La nuit duel de bombes sur nos tranchées
Bombardement par rafales du côté de Sudel.

Vendredi 17 décembre

Beau, vais bien.
De repos. Revue d’armes et de vivres de réserve. Le soir de faction au créneau. Bombardement sur nos positions Trois hommes sont grièvement blessés. La nuit duel de bombes.

Samedi 18 décembre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Matin six heures attaque violente sur l’Hartmann suivi d’un fort bombardement qui a duré deux heures, on en sait pas le résultat. Le reste de la journée calme sur ce point. La nuit duel de bombes sur nos positions

Dimanche 19 décembre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée et de faction au créneau. Matin bombardement sur Uffholtz et l’Hartmann. Deux hommes sont tués à ma compagnie et à la 17ème, Praux, ordonnance du capitaine et le nommé Clère de la 17ème cie, tous les deux tués par balles, l’ennemi s’étant avancé à la faveur du brouillard. La nuit duel de bombes devant nous.

Lundi 20 décembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Duel d’artillerie et tirs de repérage de nos nouvelles pièces. Bombardement intense sur l’Hartmann. La nuit duel de bombes.

Mardi 21 décembre

Froid, vais bien.
De garde nuit et jour au créneau. Bombardement intense sur l’Hartmann et le Sudel ainsi que sur nos positions et qui a duré tout le jour. La nuit alerte, toutes les corvées sont arrêtées, on s’attend à une violente attaque.

Mercredi 22 décembre

Premier jour de combat. Neige, vais bien. Alerte ! On se tient prêt au premier signal. L’artillerie ennemie commence à nous envoyer des coups de canons espacés sur nos positions. A huit heures trente du matin violent bombardement sur tout le front de l’Hartmann, du Sudel et d’une partie des tranchées de Uffholtz
Notre artillerie ne cesse de tirer, c’est par centaines que nos obus tombent sur les tranchées ennemies, ils ont lancé aussi quantité de gaz.
C’est terrible de voir et écouter cet ouragan de fer. L’ennemi répond faiblement. Nous avons fait mille prisonniers et occupé complètement l’Hartmannsvillerkopf. La nuit attaques intermittentes et bombardements intermittents. Devant nous calme complet.

Jeudi 23 décembre

2ème jour de combat. Temps variable, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Le bombardement continue sur l’Hartmann et la fusillade est parfois violente. L’ennemi lui aussi nous a envoyé quelques obus sur nos tranchées. Attaque à cinq heures du soir. Nos troupes ont fait six cents prisonniers. La nuit attaque sur Uffholtz sur le 6ème bataillon du 213ème. Vive fusillade vers nous à la 17ème cie (duel de bombes) . Fort bombardement par l’ennemi de Thann et Bichsviller. Nos pièces bombardent la Maison Rouge des aliénés et le village au-dessus ainsi que l’artillerie boche. L’ennemi bombarde aussi nos tranchées (vers 16 heures) avec des obus de 130mm sans nous faire grands dommages.

Vendredi 24 décembre

Pluie, vais bien.
De faction à la tranchée. Le combat continue sur l’Hartmann avec acharnement. Bombardement continu avec violence. Violent bombardement sur Altkirch, on nous annonce la prise de cette ville par nos troupes et fait des prisonniers sur l’Hartmann
L’ennemi nous a repris quelques éléments de tranchées. Le combat se poursuit acharné. Fusillade sur nos lignes, mais personne n’est sorti des tranchées. La nuit bombardement intermittent sur l’Hartmann et Altkirch. Devant nous duel de bombes.

Samedi 25 décembre

Pluie, vais bien.
Occupé à déblayer la tranchée. La lutte continue avec violence sur l’Hartmann et Altkirch. Le bombardement n’arrête pas. Violent duel d’artillerie à partir de 10 heures du matin jusqu’à
6 heures du soir. Nuit assez calme.

Dimanche 26 décembre

Pluie, vais bien.
Bien occupé à renforcer les tranchées. Fort duel d’artillerie et bombardement intense sur l’Hartmann et sur Uffholtz jour et nuit
On nous annonce que 150 hommes du 13ème bataillon de nos Alpins se sont rendus à l’ennemi.

Lundi 27 décembre

Pluie, vais bien.
Occupé aux travaux des tranchées. Matin 9 heures fort duel d’artillerie et bombardement sur l’Hartmann. Deux avions français ont repéré les positions ennemies, ils ont été fortement canonnés. Un avion ennemi a aussi survolé nos positions. La nuit bombardement intermittent sur l’Hartmann et fusillade.

Mardi 28 décembre

Temps couvert, vais bien.
Occupé au transport de l’ordinaire. Matin fort bombardement sur l’Hartmann et sur Altkirch. Le soir, violents bombardements suivis d’attaques successives qui se sont poursuivies toute la nuit sur l’Hartmann et Uffholtz. Que de malheureux ont dû tomber !
C’est une vraie pluie de fer ! Fort duel d’artillerie. On annonce que le 152ème d’Infanterie a eu de grandes pertes sur l’Hartmann.
On annonce également que la 15ème division d’Infanterie d’active est en Alsace, probable que c’est pour attaquer.

Mercredi 29 décembre

Temps couvert, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Fort duel d’artillerie. Le bombardement continue toujours violent sur l’Hartmann. La nuit plusieurs attaques successives s’y sont prononcées ainsi que sur Uffholtz où la lutte est très acharnée. Notre artillerie a abattu le clocher d’Uffholtz qui servait de repaire à l’ennemi. Deux avions un français et un allemand nous ont survolé longtemps, il y a eu un duel entre eux le français a abandonné le combat sans mal et a continué à repérer les positions ennemies.

Jeudi 30 décembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée. Le bombardement continue toujours très fort sur l’Hartmann et le Sudel avec un fort duel d’artillerie où la nôtre a toujours l’avantage. A la nuit violent bombardement sur l’Hartmann qui s’est prolongé tard dans la nuit. On nous dit (sous réserve) que nous avons eu 2000 hommes faits prisonniers dans les dernières attaques.

Vendredi 31 décembre

Beau, enrhumé.
La nuit de faction et le jour au travail. Fort bombardement intermittent sur l’Hartmann et le Sudel ainsi que Uffholtz. Huit avions ennemis nous survolent toute la soirée. Un avion français a lutté contre les huit ! Le bombardement a duré toute la journée et une grande partie de la nuit. Notre artillerie bombarde violemment Cernay dans la nuit et met le feu dans plusieurs points de la ville.

Samedi 1° janvier 1916

Beau, un peu enrhumé.
De garde jour et nuit à la tranchée. Fort duel d’artillerie. Violent bombardement sur l’Hartmann le Sudel et le petit ballon de Guebwiller. Ce n’est qu’un roulement d’obus dans les airs on ne peut pas se figurer que des hommes sont sous un orage de fer pareil ! Ça siffle partout à la fois, notre artillerie a toujours un grand avantage sur l’ennemi qui répond plus faiblement. A 15 heures violent bombardement sur Altkirch. La nuit de violentes attaques se sont produites. Le bombardement continue avec violence.

Dimanche 2 janvier

Pluie, enrhumé.
La nuit de faction le jour de travail à la tranchée. Le bombardement continue avec violence surtout à partir de 11 heures du matin où l’ennemi tire plus vigoureusement. Fort duel d’artillerie. Violente attaque de 19 à 20 heures sur Uffholtz terminé par un fort bombardement. Devant nous duel de bombes et grenades.

Lundi 3 janvier

Pluie, enrhumé.
Occupé aux travaux de tranchée. Violent bombardement sur l’Hartmann, Uffholtz et le Sudel. La nuit fort bombardement sur Altkirch. Sur l’Hartmann et Uffholtz bombardement intermittent

Mardi 4 janvier

Beau, enrhumé.
La nuit de faction, le jour travail à la tranchée. Bombardement intense sur les positions de l’Hartmann, Sudel et Uffholtz. Vers 17 heures violente attaque sur les tranchées d’Uffholtz. Fort bombardement dans la région d’Altkirch. Cinq avions ennemis nous survolent, ils sont fortement canonnés par nos batteries. Duel entre avions français et allemands. La nuit bombardement par intermittence.

Mercredi 5 janvier

Pluie, enrhumé.
15ème jour de combat. De faction jour et nuit. Fort duel d’artillerie, nos batteries ont réduit celles de l’ennemi au silence par une violente rafale. Nos batteries bombardent fortement Uffholtz et mettent le feu dans plusieurs maisons.

Jeudi 6 janvier

Brouillard, enrhumé.
Occupé aux travaux de la tranchée. Fort bombardement sur le Sudel et le petit Ballon de Guebviller. Nos batteries ont violemment bombardé le village d’Uffholtz où elles ont mis le feu dans plusieurs maisons. Quelques coups de canon de l’ennemi sur nos tranchées. Nuit calme.

Vendredi 7 janvier

Brouillard, vais mieux.
De nuit de faction, le jour travail à la tranchée. Vers 16 heures violent bombardement suivi d’une violente attaque sur le bas du Col (?) et sur le Sudel. Duel de bombes durant toute la nuit. Bombardement intermittent sur l’Hartmann et Uffholtz.

Samedi 8 janvier

Neige, enrhumé.
Le matin violente attaque sur l’Hartmann et le Sudel avec un violent bombardement qui a duré tout le jour. Violente attaque et violent bombardement sur Uffholtz, l’Hartmann et le Sudel qui durent toute la journée. Quelques obus sur nos tranchées. A la nuit de grandes flammes s’élèvent des villages de Soultz et Hartmannsviller qui ont durées une partie de la nuit. Nos batteries ont dû mettre le feu sur une grande longueur. La nuit bombardement intense.

Dimanche 9 janvier

Neige, enrhumé.
De garde au créneau jour et nuit. Bombardement intense sur les positions de Uffholtz et de l’Hartmann. Nuit calme. Dans les attaques de ces derniers jours nous avons perdu environ 600 tués et plus de 4000 blessés ou prisonniers sur l’Hartmann, Uffholtz et le Sudel.

Lundi 10 janvier

Froid, toujours un peu enrhumé.
Occupé aux travaux de la tranchée. Fort bombardement avec des gaz asphyxiants par l’ennemi sur les positions du Silberloch et de Uffholtz. Violent bombardement qui paraissait être des obus suffocants et dirigés sur les positions du 213ème et celles du Silberloch par l’ennemi qui a duré une heure environ. Le reste de la journée l’ennemi nous a fortement bombardés sans nous faire de mal. Nuit calme.

Mardi 11 janvier

Pluie, enrhumé.
On reçoit l’ordre de préparer nos sacs pour partir demain dans la nuit, on ne sait pas où ! Le matin bombardements sur nos positions, nous n’avons aucune perte. Nos pièces bombardent
les tranchées ennemies d’Uffholtz. Dans l’après-midi et la soirée l’ennemi nous a fortement bombardés.

Mercredi 12 janvier

Beau, enrhumé.
Préparons notre barda pour partir. Bombardement intermittent sur Uffholtz, l’Hartmann, Steinbach. 2 avions ennemis nous survolent. De garde au poste d’écoute. La nuit bombardement intermittent. Départ pour le camp de Bouvine à 4 heures 30 arrivée à 10 heures.

Jeudi 13 janvier

Neige, enrhumé.
Départ de tout le bataillon à 4heures 30 du matin. On est remplacé par le 140ème d’active. Nous sommes logés dans des baraques en planches par section et demie

Vendredi 14 janvier

Neige, enrhumé.
Départ du camp de Bouvine à 4 heures 30, arrivée à Bichsviller à 6 heures. Mis mon sac à la voiture de la compagnie, reparti pour le cantonnement d’Obersbruck, passé par Maseveaux, on y fait une pause d’une demie heure. L’étape est longue de trente kilomètres et elle est très dure. Arrivés à Obersbruck à 11h 30
On est cantonné dans une grange chez l’adjoint de la commune.
Ce sont de bien braves gens. Le patron nous a cherché des lits pour coucher. Moi et un camarade nous avons été chez de braves gens qui nous ont très bien reçus. Ils nous ont donné une chambre bien propre et chaude avec un bon lit. Dans le ménage ils sont cinq à la maison, 3 filles de 5, 13 et 17 ans environ, le père la mère et ils ont 2 fils sur le front dont un avec les français et l’autre avec les boches.

Samedi 15 janvier

Temps couvert, vais bien.
De repos au cantonnement. Revue d’armes une heure par l’armurier, cantonnés à Obersbruck au théâtre de la commune.

Rien pour le dimanche 16

Lundi 17 janvier

De repos au cantonnement. Passé revue d’effets de drap. Un Taub nous a survolés, il a été fortement canonné.

Mardi 18 janvier

Beau, vais bien.
Matin prise d’armes pour les décorations du régiment. Soir revue du cantonnement par le Colonel.

Mercredi 19 janvier

Temps couvert, vais bien.
A l’exercice matin et soir.

Jeudi 20 janvier

Pluie, vais bien.
A l’exercice matin et soir.

Vendredi 21 janvier.

Beau, vais bien.
Corvée de lavage. Le soir à l’exercice.

Samedi 22 janvier

Beau, vais bien.
Matin exercice et tir. Soir marche sur Masevaux.

Dimanche 23 janvier

Beau, vais bien.
Pris la garde aux issues route de Rimbach. Deux Taub nous ont survolés, ils ont été fortement canonnés. Il y a eu duel entre nos avions et les Taub.

Lundi 24 janvier

Beau, vais bien.
A l’exercice le soir. Plusieurs avions français et allemands nous ont survolé, il y a eu entre eux un assez fort duel.

Mardi 25 janvier

Beau, vais bien.
A l’exercice matin et soir.

Mercredi 26 janvier

Beau, vais bien.
A l’exercice matin et soir.

Jeudi 27 janvier

Brouillard, vais bien.
Eté en marche et manœuvre toute la journée sur les montagnes.

Vendredi 28 janvier

Beau, vais assez bien.
Le matin ai été vacciné contre la typhoïde. Plusieurs cas d’oreillon et de rougeole se sont produits. Les malades sont évacués de suite .Les permissions sont arrêtées provisoirement
Les villages limitrophes sont Oberbruck , Dollern , Rimbach.

Samedi 29 janvier

Oberbruck départ 2 heures 45 pour Marcigny. Gare 1ère Kirchberg, Niederbruck, Sickert, Masevaux, Hagenbach, Sentheim.
Permission en Saône-et-Loire du 29 janvier au 9 février

Carnet de campagne appartenant à DUPONT Claude Marie
Au 334ème Régiment d’Infanterie, 18ème compagnie.

Mercredi 9 février 1916

Commencé le 9 février à Oberbruck
Arrivé de permission à 7heures du soir avec Drut, avec un grand ennui d’être séparé de notre chère famille.

Jeudi 10 février

Neige, vais bien.
De repos toute la journée

Vendredi 11 février

Neige, vais bien.
De repos à la compagnie, on s’attend à partir demain.

Samedi 12 février

Neige, vais bien.
Départ pour Moosch à 9 heures du matin. Arrivés à 2heures 40
Du soir. Cantonnés au théâtre de la ville.

Dimanche 13 février

Neige, vais bien.
De repos au cantonnement

Lundi 14 février

Neige, vais bien.
Départ de Moosch pour le Sudel à la première heure du matin. Arrivés au cantonnement à 6 heures du matin. En réserve de Division au Sudel. De repos la journée.

Mardi 15 février

Neige, vais bien.
Matin repos, soir corvée de rondins.

Mercredi 16 février

Pluie, vais bien.
Été au vaccin pour la 6ème fois, j’ai eu une forte fièvre.

Jeudi 17 février

Neige, malade, occasionné par le vaccin.
De repos toute la journée

Vendredi 18 février

Neige, vais bien.
Occupé à faire un abri d’artillerie. Soir corvée de neige sur le piton.

Samedi 19 février

Pluie, vais bien.
De garde au poste de police la nuit.
La journée de repos

Dimanche 20 février

Beau, vais bien.
Occupé à établir un chemin de liaison. Deux avions ennemis nous survolent. Ils sont fortement canonnés.

Lundi 21 février

Beau, vais bien.
Occupé à établir un chemin de liaison ; Plusieurs avions ennemis nous ont survolé pendant tout le jour, ils ont bombardé le camp des éclopés à Vesserling. Il y a 12 hommes tués et 30 blessés. Ils sont fortement canonnés par nos artilleurs. Un Taub est abattu près de Thann dans nos lignes. Les pilotes sont faits prisonniers.

Mardi 22 février

Neige, vais bien.
Occupé à établir le chemin de liaison.
On annonce une avance boche de 9 km sur Belfort.

Mercredi 23 février

Beau, vais bien.
Été vacciné au sérum contre la typhoïde. Violent bombardement aux environs de Belfort.

Jeudi 24 février

Neige, vais assez bien.
De repos ayant été vacciné. Violent bombardement sur Belfort

Vendredi 25 février

Froid, vais bien.
Occupé à établir le chemin de liaison. Violent bombardement du coté de Belfort et le Lingue. Les boches ont attaqué sur l’Hartmann mais ils sont repoussés sans pouvoir rentrer dans nos lignes.

Samedi 26 février

Froid, vais bien.
Occupé à établir un chemin de liaison. Un Taub survole nos positions. Duel d’artillerie. L’ennemi bombarde nos positions. Attaque des boches sur l’Hartmann.

Dimanche 27 février

Beau, vais bien.
Occupé à établir un chemin de liaison. Fort bombardement dans la région d’Altkirch qui s’est prolongé toute la nuit.

Lundi 28 février

Beau, vais bien.
Occupé à établir un chemin de liaison. Plusieurs avions ennemis nous survolent, ils sont fortement canonnés. Il y a eu duel entre avions français et ennemis. Nos avions sont fortement canonnés par l’ennemi.

Mardi 29 février

Temps couvert, vais assez bien.
Ai été vacciné pour la 8ème fois contre la typhoïde. Plusieurs avions ennemis nous survolent. Duel d’artillerie.

Mercredi 1° mars

Temps couvert, vais bien.
De repos pour le vaccin. Duel d’artillerie

Jeudi 2 mars

Beau, vais bien. En repos de la journée. Devons aller relever la 20ème compagnie à la tranchée. Fort duel d’artillerie.

Vendredi 3 mars

Neige, vais bien.
Tranchée du Sudelkopf. Départ du camp de réserve à 2heures 30 du matin arrivés à 4 heures à la tranchée. Pris la faction en arrivant avec Goubelet. On est très serrés et mal logés

Samedi 4 mars

Froid, vais bien.
De faction au poste avancé nuit et jour. Froid toute la journée
Toute la nuit on entend un terrible bombardement du coté de Verdun, et aujourd’hui également. La lutte doit être terrible !
De grand matin un Taub nous survole malgré un fort brouillard et le froid d’une faible hauteur.

Les mitrailleuses boches arrosent nos petits postes de balles dès qu’on nous voit ou même que l’on fait du bruit.

Dimanche 5 mars

Neige, vais bien.
Poste du Sudel camp de Furseltakert. De faction nuit et jour au petit poste avancé. On a passé une nuit terrible, un ouragan de neige n’a cessé de tomber et il fait très froid, avec un noir d’enfer. On entend constamment les terribles bombardements de la bataille de Verdun.

Lundi 6 mars

Neige, vais bien.
De garde jour et nuit au petit poste. Violents bombardements jour et nuit du coté de Verdun.

Mardi 7 mars

Neige, vais bien.
De garde jour et nuit au petit poste. Violents bombardements jour et nuit du coté de Verdun. Un avion allemand nous sur vole. Violents bombardements dans la région de Belfort.

Mercredi 8 mars

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit devant le réseau de fil de fer. Plusieurs avions ennemis nous survolent Ils sont fortement canonnés.
Duel entre avions français et ennemis. Bombardement la nuit sur l’Hartmannsvillerkopf. On écoute toujours un violent bombardement jour et nuit en Lorraine.

Jeudi 9 mars

Neige, vais bien.
De faction jour et nuit au petit poste. Violent bombardement en Lorraine. Soir et veillée duel d’artillerie sur l’Hartmannsviller.

Vendredi 10 mars

Beau, vais bien.
De faction jour et nuit devant l’ennemi en terrain découvert.
Plusieurs avions ennemis nous survolent Ils sont fortement canonnés. Un de nos biplans leur donne la chasse et leur livre un combat à la mitrailleuse, sans résultat appréciable. Violents bombardements intermittents jour et nuit en Lorraine. Sur l’Hartmannsvillerkopf fort bombardement dans la nuit.
Une patrouille ennemie est signalée venant dans notre direction.

Samedi 11 mars

Neige, vais bien.
De faction jour et nuit devant l’ennemi en terrain découvert.
Bombardement intermittent jour et nuit en Lorraine. La nuit fort bombardement et fusillade sur l’Hartmann.

Dimanche 12 mars

Temps couvert, vais assez bien.
De faction jour et nuit devant l’ennemi en terrain découvert. Duel entre avions français et allemands. Duel d’artillerie, bombardement de nos positions du Sudel et de l’Hartmann. Notre artillerie riposte énergiquement. La nuit duel de bombes et fusillade sur l’Hartmannsvillerkopf.

Lundi 13 mars

Pluie, vais bien.
De faction jour et nuit au petit poste à découvert. Duel entre avions français et allemands. Violents bombardements intermittents sur la région de Verdun.

Mardi 14 mars

Beau, vais bien.

De faction au petit poste jour et nuit devant l’ennemi terrain découvert. Violent duel entre avions français et allemands, un de ces derniers parait sérieusement touché. Le bombardement violent se poursuit dans la région de Verdun. Bombardement de nos positions du Sudelkopf et de l’Hartmannsvillerkopf.

Mercredi 15 mars

Brouillard, vais bien.

De faction jour et nuit en terrain découvert devant l’ennemi. Violent bombardement intermittent dans la région de Verdun.

Duel entre avions français et allemands. Duel d’artillerie. Fort bombardement sur la cote 425 et Thann.

J’ai aperçu une patrouille ennemie près de mon poste de sentinelle, j’ai fait feu dessus et prévenu mon chef de section qui m’a bien félicité. Nous leur avons donné la chasse.

Jeudi 16 mars

Temps couvert, vais bien

De faction de jour et de nuit devant l’ennemi en terrain découvert.

Duel d’artillerie, fort bombardement intermittent dans la région de Verdun. Bombardement par l’ennemi de nos boyaux de ravitaillement du Sudel.

Samedi 18 mars

Beau, vais bien.

Partis à 8 heures 15 de Furstakert et arrivés ce matin à 11 heures 30 à Saint Amarin au repos mais on doit repartir.

Dimanche 19 mars  et lundi 20 mars.

Beau. Pris une bonne cuite !

Partis de St Amarin à 4 heures par le train jusqu’à Bitschwiller arrivés à midi.

L’ennemi bombarde fortement le village avec de grosses pièces

Parti de Law ce matin à 4 heures, passé la frontière à 6 heures,

Passé par la Chapelle, Angeot et deux autres patelins. Arrivés à 10 heures à Foussemagne. On  écoute un bombardement violent sur Seppois. Partis de Foussemagne le soir à 6 heures pour laisser  le cantonnement à des compagnies de Chasseurs qui arrivent de Chavannes à 7 heures du soir. Nous sommes assez bien logés dans une grange. On couche au fenil dans la paille.

Mardi 21 mars

Beau, vais bien.

Repos au cantonnement. Revue d’armes par l’adjudant et le Lieutenant.

Mercredi 22 mars.

Beau, vais bien.

Repos au cantonnement

Jeudi 23 mars.

Beau, vais bien.

Matin à l’exercice. Changé de cantonnement et retourné à Foussemagne reprendre les mêmes cantonnements. Départ à 10 heures 30, arrivé à Foussemagne à 11 heures.

Vendredi 24 mars

Pluie, vais bien.

Exercice le matin dans le cantonnement.

Soir lancé de grenades.

Samedi 25 mars

Beau, vais bien.

Eté à l’exercice matin et soir.

Dimanche 26 mars

Beau  vais bien.

Repos au cantonnement. De grand matin avant le jour plusieurs avions ennemis nous sur volent et jettent plusieurs bombes sur notre camp d’aviation. Ils sont fortement canonnés et poursuivis par nos aviateurs.

J’ai reçu un billet de cinq francs de ma femme, et touché l’indemnité pour ma permission de 7 francs 55.

Lundi 27 mars

Pluie, vais bien.

Eté à l’exercice matin et soir.

Mardi 28 mars

Temps couvert, vais bien.

Passé la revue du Général en chef.

Soir, revue d’armes

Mercredi 29 mars

Beau, vais bien.

A l’exercice matin et soir.

Jeudi 30 mars

Beau, vais bien.

Préparatifs de départ pour 11 heures de Foussemagne. Passé par Chavanne, Montreux-le-Vieux, Montreux-le-Jeune. Arrivés à Suarse à 3 heures du soir.

Vendredi 31 mars

Beau, vais bien.

De repos au cantonnement de Suarse

Repartis à 6 heures 30 du soir, passés à Lepuix et Seppois.

Arrivé au cantonnement à 11 heures du soir.

Seppois est sérieusement endommagé. Presque toutes les maisons sont effondrées. On est logé une section et demie sous le pont d’une route où passe une ligne de chemin de fer. Plusieurs wagons sont stationnés dans un hangar où il y a des machines, wagons, matériels etc…Du hangar il ne reste plus que quelques bois. Les environs sont fortement marmités.

Samedi 1°avril

Beau, vais bien.

Au camp Cadoret. 8 heures du matin, de réserve pour les tranchées et porter la soupe aux tranchées. Sommes fortement bombardés par l’ennemi. Nous sommes obligés de marcher par bond en se baissant le plus possible. Le bombardement a duré tout le jour. Il y a cinq morts et dix blessés au 6ème bataillon.

Plusieurs avions nous survolent.

Dimanche 2 avril

Beau, vais bien.

De soupe aux cuisines et à l’ordinaire.

Fort bombardement par les deux artilleries, celui de l’ennemi a duré tout le jour. La nuit duel de bombes et torpilles. Il y a deux blessés au bataillon.

Ai été  de patrouille entre les deux lignes de 2 à 4 heures du matin. Plusieurs avions nous ont survolé, ils ont été fortement canonnés

Lundi 3 avril

Beau, vais bien.

De garde au poste de police. Le bombardement a recommencé intermittent de bon matin de part et d’autre et a duré tout le jour.

La nuit duel de bombes et grenades. Plusieurs avions survolent nos positions.

Mardi 4 avril

Beau, vais bien.

De réserve pour les corvées de la tranchée. Ce matin à 3 heures on écoute un violent bombardement sur l’Hartmannsvillerkopf

Le reste du matin est calme.

A midi un violent bombardement ennemi qui a duré plus de deux heures. Notre artillerie répond énergiquement. A 2heures 30 le canon allemand s’arrête. On s’attend à voir les boches attaquer en  masse. On écoute crier et gesticuler dans leur tranchée. Sans doute qu’on veut les forcer à sortir et qu’ils s’y refusent, enfin environ une section sort de la tranchée. Notre 75 leur envoie une forte rafale qui fait rentrer immédiatement ceux qui ne restent pas sur le terrain.

Nous avons eu 70 hommes hors de combat.

La nuit duel de bombes et de torpilles.

Nos renforts sont arrivés et sont prêts à intervenir.

Mercredi 5 avril

Pluie, vais bien.

Le canon recommence à tonner de grand matin, c’est notre artillerie qui a commencé le feu. L’ennemi ne répond pas.

Ce soir on a été remplacer ceux qui étaient à la tranchée. On écoute bien l’ennemi parler et travailler. Au jour on les voit qui travaillent, on ne doit pas tirer. Mais eux ont très bien tiré, la balle a tapé dans un piquet près de moi. S’ils veulent jouer comme ça, je vais aussi leur envoyer des pruneaux à tous ceux que je verrai, quoique que ça me répugne de tuer.

La nuit bombardement sur notre gauche sur Dannemarie.

Jeudi 6 avril

Brouillard, vais bien.

De sentinelle à la tranchée jour et nuit. On a de mauvaises tranchées

Sans créneaux à moitié versées.  On est dans l’eau et la boue continuellement.

Fort bombardement sur Dannemarie. Au cours de la nuit notre artillerie arrose de temps à autre les tranchées ennemies. L’artillerie ennemie ne répond pas.

Il y a 4 hommes blessés à la 17ème compagnie

Vendredi 7 avril

Beau, vais bien.

De sentinelle à la tranchée jour et nuit.

Au jour notre artillerie envoie plusieurs rafales d’obus sur les tranchées ennemies. A 4 heures du soir notre artillerie bombarde violemment les tranchées ennemies sur le 6ème bataillon. La nuit bombardement sur Dannemarie. L’ennemi fait des travaux presque toute la nuit.

Samedi 8 avril

Beau, journée de malheur pour moi, j’ai failli être tuer !

Voyant plusieurs ennemis travaillant à découvert, sortant et rentrant à chaque instant, j’envoie un premier coup de fusil, c’était au petit jour. Seulement je reste stupéfait en voyant que le boche que j’avais tiré ne bouge pas de place et je l’avais sûrement touché. Un moment après je vois qu’il change de place et se trouve toujours placé de la même façon. Je prends la lunette du sergent et je m’aperçois que c’était un mannequin qu’ils placent pour nous tromper. Je continue à surveiller. Environ un quart d’heure après je vois un boche qui sort de la tranchée et s’en va en rampant sur une distance de 30 mètres. Je ne tire pas.

Celui-là rentre. Un moment après un autre sort et  « groule » un piquet qu’il veut arracher. Alors ma patience est à bout. J’épaule mon fusil, mon canon appuyé sur un piquet, et lui envoie une balle qui a dû sûrement le toucher car il tombe immédiatement dans la tranchée. Mais ces salauds ils veulent se venger.

Ils s’approchent de 50 mètres environ, probablement dans un poste d’écoute, et me tirent deux coups de fusil. J’ai très bien vu la fumée sortant deux fois du canon. Le tort que j’ai eu c’est qu’au premier coup de feu je ne me suis pas couché. J’étais sorti jusqu’aux épaules, tout le haut du corps était découvert. La deuxième balle m’a effleuré derrière l’oreille, coupant mon col de capote et perçant une entaille de 4 à 5 mm. Je l’avais risquée belle ! Deux centimètres plus à droite et j’étais foudroyé ! J’ai senti une simple piqûre. Je porte la main et la retire pleine de sang. Je vais trouver un brancardier qui me fait un premier pansement. Mon lieutenant et mon chef de section insistent pour que j’aille trouver le Major. Alors je vais et le Major regarde la plaie pour voir s’il n’y est rien resté dedans et me dit que ce ne serait rien. Je retourne à ma compagnie. Après mon deuxième pansement je ne sens même pas ma blessure qui n’est qu’une éraflure.

Je suis quitte cette fois. C’était entre 5 heures et 6 heures du matin.

Au jour notre artillerie envoie plusieurs rafales sur les tranchées ennemies qui ne répondent que faiblement.

 

Dimanche 9 avril

Brouillard, vais bien.

De repos pour ma blessure qui ne me fait pas souffrir. Les boches ne m’ont pas encore eu cette fois-ci !

Aujourd’hui notre front est plus calme. Il n’y a eu que quelques coups de canon ce matin.

Aujourd’hui j’ai visité le village de Seppois. C’est affreux de voir les maisons aux trois quarts démolies, les meubles brisés, tout est pêle-mêle parmi les décombres. Il ne reste plus rien de potable.

 

Lundi 10 avril

Brouillard, ma blessure ne me fait pas souffrir. De repos

Ce matin calme sur notre front. Soir l’ennemi nous bombarde par intermittence. Notre artillerie répond avec énergie. Plusieurs avions nous survolent. Ma section est descendue de la tranchée pour être en réserve. La 4ème section nous remplace. La nuit on fait sauter un pylone servant de point de repère à l’ennemi.

 

Mardi 11 avril

Beau, vais bien.

De réserve pour faire les corvées et renfort en cas d’attaque.

Bombardements intermittents sur Altkirch la nuit. Des avions ennemis survolent notre front, ils sont fortement canonnés.

 

Mercredi 12 avril

Pluie, vais bien.

De réserve pour faire les corvées de la tranchée et renfort.

Bombardement intermittent jour et nuit.

 

Jeudi 13 avril

Pluie, vais bien.

De réserve pour les corvées de la tranchée et renfort. Bombardement intermittent sur Dannemarie et Altkirch, et quelques rafales sur notre position.

 

Vendredi 14 avril

Giboulées, vais bien.

De garde au poste de police. A 11 heures du matin l’ennemi nous envoie une violente rafale sur nos positions avec des obus de tous calibres. Notre artillerie répond énergiquement. Dans les lignes fusillade intense sur les 17ème et 20ème compagnies.

 

Samedi 15 avril

Pluie, vais bien.

En réserve pour les corvées et renfort. Matin, notre artillerie bombarde les positions ennemies qui répondent faiblement.

A 16 heures, violent bombardement suivi d’une forte attaque dans la région d’Altkirch. La nuit j’ai été de patrouille entre les lignes.

Dimanche 16 avril

Beau, vais bien

De réserve pour les corvées et renfort pour la tranchée.

Bombardement intermittent de notre artillerie sur les positions ennemies. L’ennemi répond avec plus d’activité. La canonnade a été très forte sur Dannemarie et l’Hartmann. Un avion français nous survole ainsi que les positions ennemies

Lundi 17 avril

Temps couvert, vais bien.

De réserve pour les corvées dans la tranchée et pour renfort. Bombardement intermittent de nos positions. L’ennemi répond avec de grosses pièces, et fait montre de plus de vigueur.

La nuit j’ai été poser des fils de fer entre les deux lignes.

Un accident au dépôt de munitions. Une caisse de grenades éclate. Blessé grièvement le garde du dépôt et 5 hommes de corvée.

 

Mardi 18 avril

Pluie, vais bien.

De réserve pour les corvées et renfort.

Fait des bobines de fil de fer, et pris la garde. Bombardement intermittent. L’ennemi nous bombarde avec des pièces de gros calibres.

La nuit fusillade sur les corvées et patrouilles entre les lignes.

 

Mercredi 19 avril

Pluie et neige, vais bien.

Occupé aux corvées et de renfort. La nuit été placer des fils de fer devant nos tranchées.

Bombardement intermittent de nos positions. L’ennemi tire avec des pièces de gros calibre. La nuit fusillade habituelle.

 

Jeudi 20 avril

Pluie, vais bien.

Occupé aux corvées et renfort. La nuit de garde au poste de police. Bombardement intermittent des positions adverses.

La nuit fusillade habituelle.

 

Vendredi 21 avril

Beau, vais bien.

Changé de cantonnement. De l’abri « Charles » nous sommes descendus sous le pont du chemin de fer. Toujours de réserve pour les corvées et renfort. Bombardement intermittent des deux artilleries. La fusillade habituelle. Eté en patrouille avec Faillard et Drut.

 

Samedi 22 avril.

Brouillard, vais bien.

De réserves pour les corvées et renfort.

Bombardement intermittent des deux artilleries sur nos positions.

De 15 à 18 heures fort bombardement sur Dannemarie. Un avion nous survole. La nuit fusillade intermittente.

 

Dimanche 23 avril (Pâques)

Pluie, vais bien.

De réserve pour les corvées et renfort. Violent bombardement sur Altkirch et Dannemarie. Bombardement intermittent sur nos positions. L’ennemi répond faiblement à notre artillerie.

 

Lundi 24 avril

Beau, vais bien

De corvée aux tranchées. Bombardement intermittent des deux artilleries. La nuit fusillade habituelle.

 

Mardi 25 avril

Beau, vais bien

De garde au poste de police. Bombardement intermittent de notre artillerie sur les positions ennemies A la tranchée secteur Cadoret on a remplacé ceux qui étaient à la tranchée. On est à 25 mètres de l’ennemi. Le poste est très dangereux à tenir. Nous sommes à la tranchée pour cinq jours .La nuit fusillade de part et d’autre sur les équipes de travailleurs.

 

Mercredi 26 avril

Beau, vais assez bien.

De sentinelle au poste d’écoute à vingt mètres de l’ennemi. On entend bien tous les mouvements. On ne tire ni d’un coté ni de l’autre.

Ce matin bombardement intermittent de notre artillerie sur les tranchées ennemies. L’ennemi répond faiblement. Plusieurs avions survolent nos lignes, français et allemands, ils sont forte-

ment canonnés. Fort bombardement du coté de la cote 425 et l’Hartmannsvillerkopf. La nuit fusillade assez vive de mitrailleuses sur les équipes de travailleurs. Il y a une dizaine de blessés au bataillon par le bombardement.

 

Jeudi 27 avril

Beau, vais bien.

De sentinelle au poste d’écoute. Les boches n’ont guère tiré. On les entend causer et circuler dans leurs boyaux.

Violent bombardement des deux artilleries sur nos tranchées et sur celles de l’ennemi vers 11 heures et qui s’est prolongée. Intermittente de part et d’autre le reste de la journée.

La nuit fusillade habituelle

 

Vendredi 28 avril

Beau, vais bien.

De sentinelle au poste d’écoute. On entend bien les boches qui sont à 25 mètres. Je les ai aperçus mais je n’ai pas tiré, ni eux non plus. De grand matin l’ennemi bombarde sur les tranchées du 6ème bataillon. Notre artillerie répond énergiquement aussi sur leurs tranchées. Un avion français survole les lignes il est fortement canonné par l’ennemi, sans résultat. Le bombardement continue très fortement tout le jour sans nous faire de victime heureusement.

Vers 3 heures du soir violent bombardement de la cote 425 et de l’Hartmannsvillerkopf.

L’ennemi a prononcé une attaque sur le 6ème bataillon que nous avons aussitôt repoussé.

Une escadrille d’avions français a survolé les lignes allant sur Mulhouse dès le soleil couché. Ils sont fortement canonnés par l’ennemi.

 

Samedi 29 avril

Beau, vais bien.

De faction jour et nuit au poste d’écoute On entend bien l’ennemi circuler dans ses boyaux et parler.

Matin fort bombardement sur nos positions. L’ennemi montre beaucoup d’activité. Notre artillerie répond par rafales violentes.

Soir, violents bombardements de l’artillerie ennemie sur nos positions du 6ème bataillon, de la 17ème compagnie et sur celles du 298ème qui est à la gauche de la 17ème compagnie. L’ennemi tire avec violence des obus de tous calibres. On s’attend à une attaque surtout la nuit vers 22 heures où le feu est très violent.

Nous nous plaçons tous chacun à son poste de combat.

Pendant plus de 3 heures nous attendons l’ennemi qui n’est pas sorti de sa tranchée. Notre artillerie répond par rafales. A minuit le bombardement diminue d’intensité et s’arrête complètement à une heure du matin.

 

Dimanche 30 avril

Beau, vais bien.

Sentinelle jour et nuit devant l’ennemi. Matin calme jusqu’à  sept heures. Le reste du jour notre artillerie tire par intermittence sur les ouvrages ennemis. L’ennemi n’a pas répondu jusqu’à 17 heures, mais à partir de là il n’a pas cessé de tirer par intervalles de quelques minutes avec une pièce de 77mm sur nos positions de la 17ème compagnie.

Des avions français survolent les lignes.

 

Lundi 1° mai

Beau, vais bien

Nous sommes relevés de la tranchée pour 5 jours. Nous serons en réserve au pont Ramon.

Bombardement par intermittence des positions par les deux artilleries adverses.

Aujourd’hui on a commencé à nous demander de l’argent pour acheter du savon pour nous laver. Comme de bien entendu personne n’a versé un centime. On préfère restés sales comme des porcs. Si le gouvernement n’a plus d’argent pour nous entretenir qu’il nous renvoie chez nous.

Plusieurs avions survolent les positions.

La nuit j’ai été placer des fils de fer barbelés devant notre tranchée de 1ère ligne avec Drut.

 

Mardi 2 mai

Beau, vais bien.

De réserve pour les corvées et renfort.

Matin fort bombardement de l’ennemi sur nos positions ainsi que sur nos réserves. Notre artillerie répond énergiquement par rafales. Le bombardement se poursuit intermittent toute la journée.

 

Mercredi 3 mai

Beau, vais bien.

De réserve pour les corvées et renfort.

Bombardement intermittent des positions des deux cotés. Plusieurs gros obus sont lancés sur l’église de Seppois-le-Bas

Deux avions français nous survolent.

 

Jeudi 4 mai

Beau, vais bien.

De réserve pour les tranchées et renfort.

Matin, un Taub survole nos positions. Fort bombardement par les artilleries adverses sur nos positions et celles de l’ennemi.

L’ennemi nous envoie une vingtaine de gros obus sur le pont qui nous sert d’abri et où nous sommes en réserve. Nous n’avons qu’un homme qui a été légèrement blessé à la tête au moment où il arrivait de permission.

La nuit, été de patrouille entre les deux lignes.

L’ennemi a aussi bombardé l’église de Steinbach visant le haut qui reste du clocher, sans réussir à l’abattre.

Le 43ème Chasseurs à Pied est venu reconnaître nos positions et doit nous relever demain à la nuit.

 

Vendredi 5 mai

Temps couvert, vais bien

De réserve pour les corvées et renfort. Un avion allemand nous survole. L’ennemi bombarde violemment le village de Seppois, ainsi que nos réserves. Plusieurs obus de gros calibre tombent près de nous sans nous faire heureusement de mal.

Samedi 6 mai

Pluie, vais bien.
Nous sommes relevés par le 43ème Chasseurs à Pied. Départ du pont Ramond à 1 heure du matin. Arrivés à Friesen à 2 heures 20
Le bombardement continue d’être très fort sur Seppois.
Repos complet le reste de la journée.

Dimanche 7 mai

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement, j’en ai profité pour laver.
Fort bombardement intermittent sur les positions de Seppois.

Lundi 8 mai

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement de Friesen.
Bombardement intermittent de part et d’autre des tranchées adverses. Un avion ennemi nous survole, il est fortement canonné par nos pièces.
Nous avons été de 12 à 17 heures creuser un boyau d’évacuation et renfort. La nuit l’ennemi bombarde nos convois de ravitaillement.

Mardi 9 mai.

Beau, vais bien.
De corvée pour creuser des boyaux d’évacuation et renfort de 2 heures 30 à 9 heures, et de 19 à 22 heures. La nuit plusieurs Taub nous survolent, ils sont fortement canonnés par nos pièces
anti-avions et de 75 mm. Fort bombardement des tranchées ennemies par notre 75 .
La nuit été faire un boyau d’évacuation et renfort. L’ennemi bombarde les positions du 43ème ainsi que les réserves. Un obus tombe près de nous où nous travaillons.

Mercredi 10 mai

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement de Friesen. Fort bombardement de l’ennemi sur les positions du 43ème Chasseurs. Notre artillerie répond par rafales.
La nuit l’ennemi prépare une attaque sur le 298ème de réserve.
Ils sont aperçus par nos sentinelles au moment où ils coupaient nos derniers réseaux de fil de fer. Ils ont eu deux tués et un prisonnier. Nos batteries de 75 ont immédiatement tapé sur les premières vagues d’assaut ainsi que sur les tranchées ennemies et ont fait échouer leur attaque.
Nous avons été creuser un boyau d’évacuation de19 à 22 heures

Jeudi 11 mai

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement.
Bombardements intermittents des positions du 43ème Chasseurs, du 298ème et de notre 6ème bataillon.
Ai été creuser un boyau d’évacuation de 20 à 22heures.

Vendredi 12 mai.

Beau, pris la cuite !
De repos au cantonnement.
Plusieurs avions français et ennemis nous ont survolés. Ils sont fortement canonnés. Il y a eu plusieurs duels entre eux, sans résultat.
Bombardement intermittent de nos batteries sur les positions ennemies. L’ennemi répond énergiquement.

Samedi 13 mai

Pluie, vais assez bien.
Revue de tenue de campagne et fait les sacs pour aller remplacer la 24ème compagnie du 6ème bataillon à 20 heures.
Plusieurs avions ennemis nous survolent, ils sont fortement canonnés. Bombardements intermittents de part et d’autre sur les positions et ouvrages de défense adverses. Départ de Friesen à 21 heures. Laissé nos sacs à Seppois.
Nous avons relevé la tranchée à minuit. En arrivant pris la faction 2 heures. Mon escouade fournit 4 sentinelles la nuit et deux le jour. Nous sommes à 50 mètres de l’ennemi, la nuit ça tiraille beaucoup.

Dimanche 14 mai

Aux tranchées de l’Entre-Largues.
Pluie. De faction devant l’ennemi toutes les deux heures.
Ce matin au jour nous avons un soldat de tué à la 20ème cie
Par une balle tirée dans le créneau.
Bombardement intermittent sur les positions adverses et particulièrement sur la 20ème compagnie le 298ème et le 43ème Chasseurs.

Lundi 15 mai

Pluie, vais bien.
De sentinelle jour et nuit à la tranchée devant l’ennemi. Bombardement intermittent par les deux artilleries de part et d’autre, et fusillades de mitrailleuses. L’ennemi tiraille beaucoup
La nuit. L’ennemi travaille jusqu’à 24 heures.

Mardi 16 mai

Beau, vais bien
De sentinelle jour et nuit toutes les deux heures devant l’ennemi.
L’ennemi nous tire force grenades à fusil et torpilles qui ne nous font heureusement pas de mal.
Activité des deux artilleries sur nos positions, ainsi que sur les réserves.
La nuit l’ennemi travaille à faire des blockhaus et répare la tranchée. Fusillade intermittente à la mitrailleuse et au fusil.
L’ennemi nous envoie aussi des grenades et torpilles.
Fort bombardement sur Altkirch.

Mercredi 17 mai

Tranchée de l’Entre-Largues, beau, vais bien.
De faction jour et nuit devant l’ennemi.
Matin bombardement intermittent des deux artilleries sur nos positions gauches 20ème compagnie, ainsi que sur celles de l’ennemi. Fort bombardement sur les positions du 298ème vers 10 heures.
Duels d’avions français et allemands au-dessus de nos lignes.
La nuit fusillade intense et bombardement sur le coté d’Altkirch et d’Entre-Largues.

Jeudi 18 mai

Beau, vais bien.
De faction jour et nuit devant l’ennemi.
Suis en bonne santé.
Bombardement intermittent de part et d’autre sur secteurs Cadoret et d’Entre-Largues.
Des avions ennemis ont attaqué de bonne heure notre camp d’aviation de Foussemagne. Une escadrille française s’est dirigée sur Mulhouse. Un fort biplan français est passé sur nos lignes se dirigeant sur Belfort.
La nuit bombardement intense sur les positions ainsi que sur les moyens de transport de ravitaillement.
Nous avons été relevés à 17 heures par la19ème compagnie. On va en réserve au cantonnement de Seppois.

Vendredi 19 mai

Beau, vais bien.
De réserve à Seppois pour corvées et renfort.
Plusieurs avions français ont survolé les lignes de l’ennemi. Ils sont fortement canonnés par l’ennemi sans cependant les atteindre. Bombardement intermittent de part et d’autre
Les deux artilleries sont très actives.

Samedi 20 mai

Beau, vais bien.
De corvée pour la tranchée et renfort.
Cantonné en réserve à Seppois.
Bombardement intermittent sur notre secteur de Cadoret de l’Entre-Largues et de la Largues.
Deux hommes se sont noyés dans la petite rivière qui passe à Ulberstrass.

Dimanche 21 mai.

Beau, vais bien.
De réserve pour les corvées et renfort de première ligne.
Bombardement intermittent de part et d’autre des positions de Bisel et Seppois.
Un homme est blessé à la figure par une balle étant de faction à la 17ème compagnie.

Lundi 22 mai

Beau, vais bien.
De réserve à Seppois. Fort bombardement intermittent de part et d’autre sur les positions de Seppois et de Delle.
Nous relevons la 19ème compagnie à 17 heures du soir à la tranchée d’Entre-Largues.
Au poste où je prends la faction un camarade de la 19ème cie a été tué la veille par une grenade à fusil.
Plusieurs avions survolent les positions des deux secteurs adverses.
La nuit duel de bombes et grenades et fusillade.

Mardi 23 mai

Orage, vais bien.
De faction jour et nuit au poste d’écoute à 20 mètres des boches.
Violents bombardements du coté de Thann et de l’Hartmann.
Bombardement intermittent dans notre région. La nuit duel de bombes et fusillade habituelle, ainsi que canonnade intermittente de part et d’autre sur la tranchée d’Entre-Largues.

Mercredi 24 mai

Beau, vais bien.
De faction au poste d’écoute jour et nuit. Bombardement intermittent Des positions adverses de notre région.
Violent bombardement du coté de la cote 425 et de l’Hartmannsvillerkopf.
La nuit duel de bombes et torpilles ainsi que fusillade et mitraille
L’ennemi nous envoie aussi à chaque instant des marmites.

Jeudi 25 mai

Beau, vais bien.
De faction au poste d’écoute et de corvée pour la soupe.
Bombardement intermittent des positions adverses et tranchées
L’ennemi bombarde fortement nos tranchées de réserve.
Le soldat Perrin de ma compagnie est tué par un obus à son poste de sentinelle.
En apportant la soupe nous sommes aussi fortement bombardés, sans nous atteindre heureusement. Le bombardement a duré tout le jour où l’ennemi nous a envoyé que des obus de 150 mm détruisant bien de nos travaux.
Violent bombardement du coté de l’Hartmannsviller et Thann.
La nuit fusillade intense de mitrailleuse et bombardement sur les travailleurs et patrouilles de part et d’autre. Un homme est tué à la 23ème compagnie et un autre à la 20ème Compagnie.

Vendredi 26 mai

Beau, vais bien.
De garde au poste d’écoute. L’ennemi recommence dès le grand matin le bombardement et arrose par intermittence nos tranchées et réserve avec des obus de tous calibres, principalement sur la 20ème compagnie et le 43ème Chasseurs à notre gauche. On écoute
Un violent bombardement du coté d’Altkirch et l’Hartmanns.
Nous sommes relevés à 4 heure 30 du soir par la 19 ème Cie
Nous avons repris notre cantonnement à Seppois pour corvées et renfort.

Samedi 27 mai

Pas d’annotation ?

Dimanche 28 mai

Temps couvert, vais bien.
De réserve à Seppois pour corvées et renfort.
Bombardement intermittent de l’ennemi sur les tranchées de notre secteur. Depuis deux jours il montre beaucoup d’acharnement.
Fort bombardement sur Altkirch et Dannemarie. L’ennemi nous envoie une vingtaine de grosses marmites sur le boyau au moment où on fait la corvée. C’est miracle qu’il n’y a pas de tué parmi nous, on a juste le temps de sortir de l’endroit au galop entre les coups qui sont espacés de 10 mn environ. Heureusement que personne n’est touché.

Lundi 29 mai

Pluie, vais bien.
Passé l’inspection de la garde par notre adjudant chef de section qui fait des observations que nos fusils ne sont pas propres, surtout les plaques de couche qui doivent servir de miroir.
Le Colonel nous passe aussi la revue au poste d’observation pour les cartouchières où il y a un peu de poussière.
Vraiment c’est insupportable !
Bombardement intermittent sur Altkirch et Dannemarie ainsi que sur nos positions de Cadoret, qui a été très violent de 16 à 19 heures.

Mardi 30 mai

Beau, vais bien.
De réserve à Seppois pour corvées et renfort.
Bombardement intermittent de part et d’autre dans notre région.
Bombardement fort sur le 298ème, sur Altkirch et Dannemarie.
On a relevé la 19ème compagnie à la tranchée le soir à 18 heures.
Ma section est en réserve à la tranchée.

Mercredi 31 mai.

Brouillard, vais bien. De réserve à la tranchée.
Le matin à 3heures 20 nous sommes réveillés par un violent bombardement. Un caporal et un homme rentrent dans notre abri blessés. Le caporal est «le Gouy, artiste» à Montceau-les-Mines.
Il est couvert de blessures sur tout le corps, mais heureusement légères, et un bombardier blessé aussi mais pas gravement à la tête. Ils ont été blessés par le même obus. Le bombardement continue très violent toute la demi-journée. Nous avons sept blessés et un mort à ma compagnie dont le lieutenant Regniault grièvement à l’épaule. Il reçoit la proposition à la Légion d’Honneur du Général de Division qui est venu sur les lieux. Un sergent est aussi grièvement blessé, il est aussi proposé pour la Médaille Militaire, et le soldat pour la Croix de Guerre.
Les boches ont attaqué par surprise la 24ème compagnie. Ils sont venus en rampant en plusieurs vagues d’hommes, Ils ont été reçus par une vive fusillade de nos mitrailleuses et fusils. Ils ont pu, avec des pertes sérieuses, occuper pour un petit moment deux petits postes et une partie de la tranchée.
Immédiatement avec l’aide de la 17ème compagnie on a contre-attaqué et repris en entier le terrain perdu, laissant la tranchée et les boyaux garnis de cadavres allemands et un prisonnier qui nous a raconté qu’ils arrivaient de l’Hartmannsvillerkopf la veille. Il paraissait tout jeune et pas de barbe. Maintenant il est 17 heures, tout est calme.
La nuit bombardement intermittent de part et d’autre.
On reste en alerte toute la nuit.

Jeudi 1° juin

Beau, vais bien.
De réserve à la tranchée.
L’ennemi n’a pas renouvelé d’attaquer dans la nuit.
Matin 7 heures, tout est calme. Le reste du jour et la nuit il y a eu quelques coups de canon de temps à autre et fusillade intense.
Nous sommes relevés à 24 heures 30 par le19ème Dragon qui vient de Bretagne où il était en dépôt. La relève se fait sans accident. L’ennemi doit s’apercevoir de notre changement car il ne cesse d’envoyer des fusées éclairantes. Nous partons pour Friesen.

Vendredi 2 juin

Beau, vais bien.
Arrivés au cantonnement de Strueth où nous passons la journée
Des avions ennemis nous ont survolés, ils ont été fortement canonnés. Il y a eu duel entre avions français et allemands.
Passé deux revues d’effets.

Samedi 3 juin

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement de Strueth.
9 heures, revue d’effets.
Partis du cantonnement à 18 heures 30, arrivés au cantonnement de Dannemarie à 20 heures. Passés par St Ulrich.
Cantonnement de Dannemarie au 5ème bataillon.

Dimanche 4 juin

Brouillard, vais bien.
De réserve pour les corvées et renfort.
Le 6ème bataillon occupe les tranchées.
Dans la nuit les boches ont fait une attaque sur le 6ème bataillon,
Elle a été repoussée sans pertes. La 17ème et la 19ème ont été
Renforcées. Ma compagnie, la 18ème était de service, on n’est pas sortis ça n’a pas trop chauffé.
Les boches ont pris un petit poste au 111ème de ligne et fait quelques prisonniers. Sur le 6ème bataillon ils n’ont pas pu avancer.

Lundi 5 juin

Brouillard, vais bien.
Eté à l’exercice matin et soir.

Mardi 6 juin

Beau, vais bien.
Eté à l’exercice matin et soir.
La veillée, sorti faire la manille avec les amis.

Mercredi 7 juin

Beau, vais bien
Eté creuser une tranchée de 2ème ligne sur Ballersdorf, passé la journée, nous y avons dîné.
A Dannemarie nous faisons partie de la 133ème division, ancienne 105ème. En réserve nous avons la 111ème de ligne, 166ème Chasseurs, 298ème de ligne, 334ème, le 140ème de ligne, le 240ème de ligne, le 28ème génie, etc…

Jeudi 8 juin

Brouillard, vais bien.
Eté faire un boyau avec toute ma compagnie entre Ballersdorf et Altkirch. Les boches nous ont fortement marmités en arrivant ainsi que sur nos tranchées de première ligne. Notre artillerie leur a répondu énergiquement.
Bombardement intermittent sur Seppois.

Vendredi 9 juin.

Pluie, vais bien.
Occupé au terrassement boyau au nord de Ballersdorf.

Samedi 10 juin

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement. Trois batteries de 75 mm sont passées hier soir à Dannemarie se dirigeant sur Ballersdorf.

Dimanche 11 juin

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement.
Passé revue effets et vivres de réserve.
Le soir concert donné par le 110ème Chasseurs.

Lundi 12 juin.

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement. La nuit, passage d’avions ennemis ils ont été fortement canonnés.
Le soir été creuser un boyau de tranchée dans les lignes au nord de Ballersdorf.

Mercredi 14 juin

Brouillard, vais bien.
De repos au cantonnement.
Nous montons à la tranchée ce soir à 16heures 30 au nord d’Altkirch, arrivés à 19 heures. De garde la nuit devant le réseau de fil de fer, et la journée à la tranchée. La tranchée ennemie est à environ 800 mètres de la nôtre. Le secteur parait assez tranquille
Il ne se lance point de grenades à fusil ni de bombes. Il n’y a que les obus qui peuvent tomber et les mitrailleuses qui tirent à chaque instant jour et nuit.
Deux marmites de 210 mm sur la maison forestière où se trouvait à ce moment une section du 28ème Génie tuant 6 hommes et blessant 12 autres, dont plusieurs grièvement.
Nous avons posé une grande pancarte donnant la victoire russe sur les Autrichiens, portant le nombre de 133000 prisonniers et une grande quantité de munitions et de canons. On l’a placée devant notre réseau de fil de fer et gardée par 3 sentinelles et une mitrailleuse. Au cas où l’ennemi viendrait l’enlever Il serait bien reçu !
La nuit l’ennemi a attaqué sur le 116ème Chasseurs Alpins. Il a été repoussé avec des pertes sérieuses.

Jeudi 15 juin

Beau, vais bien.
De garde à la tranchée de jour, la nuit en poste avancé.
Le soir l’ennemi nous bombarde fortement avec des obus fusants et percutants pendant plus d’une heure. Personne n’a été atteint.
La nuit à 23 heures l’ennemi a tenté d’enlever un de nos postes sur le 43ème Chasseurs. Après, une vive fusillade s’est déclenchée par nos mitrailleuses et fusils et nos pièces ont aussi bombardé fortement pendant plus de deux heures l’ennemi qui a échoué dans son attaque. Il s’est retiré avec de fortes pertes.

Vendredi 16 juin

Beau, vais bien.
De faction à la tranchée.
Un avion ennemi nous survole et repère notre tranchée en tirant sur nous avec sa mitrailleuse.
Bombardement intermittent de part et d’autre de nos positions et celles de l’ennemi.

Parti en permission de la tranchée à 10 heurs 30 pour 6 jours.
Très heureux, suis parti seul. Je suis passé à Hagenbach qui est à 4 km des lignes, Commersdorf à 3 km des lignes, Dannemarie qui est à 7 km des lignes etc, arrivé à Dannemarie à 12heures 30

Samedi 17 juin

Aucune notation.

En permission en Saône-et-Loire du 16 au 26 juin.

Carnet non terminé 20 pages vierges.

Nouveau carnet de campagne

Carnet appartenant à Monsieur Dupont Claude Marie
Du 334ème Régiment d’infanterie 18ème compagnie
35è me section
Secteur 161

Mardi 27 juin 1616

Parti de la Clayette le 26 juin à 14 heures 50. Arrivé à Belfort ce mardi 27 à 9 heures 30. Reparti à 16 heures 42. Arrivé à Valledieu à 18 heures. Arrivé à Dannemarie à 19 heures.
Parti avec le ravitaillement, couché aux cuisines.

Mercredi 28 juin

Brouillard, vais bien, repris mon poste.
Bombardement intermittent des deux artilleries, le bombardement a été très fort sur le 43ème Chasseurs, un homme a été grièvement blessé.
Fusillade très vive de mitrailleuse dans la journée. La nuit fusillade entre l’une de nos patrouilles et celle de l’ennemi qui s’est enfuit précipitamment.

Jeudi 29 juin

Pluie, vais bien.
De faction la nuit en petit poste en avant de la tranchée. De jour de garde et travailler le soir.
La nuit l’ennemi nous tire à chaque instant avec la mitrailleuse.
Bombardement intermittent de bombes torpilles et obus ainsi que fusillade de mitrailleuse.

Vendredi 30 juin

Beau, vais bien.

Le jour travaillé à la tranchée. Un avion ennemi nous survole le matin ainsi qu’un de nos biplans, de chaque coté ils ont été fortement canonnés.
Relève du 43ème Chasseurs par le 6ème bataillon du 334.
Il y a eu 10 hommes tués et 40 blessés par le bombardement.
De 9 heures à 11heures fort bombardement sur les positions adverses de notre gauche et 43ème Chasseurs. Vers 18 heures fort bombardement sur les mêmes parages de torpilles et bombes ainsi que fusillade de mitrailleuses.
La nuit de sentinelle en poste avancé devant l’ennemi.

Samedi 1° juillet

Beau, vais bien.
Le jour travail à la tranchée, la nuit de faction en poste avancé.
Le matin un avion ennemi nous survole. Bombardement intermittent sur le 6ème bataillon surtout par les torpilles. Il y a plusieurs blessés, les abris et les tranchées sont bouleversés sur plusieurs points.

Dimanche 2 juillet

Pluie, vais bien.
La nuit de faction en poste avancé, de jour travail à la tranchée.
De grand matin des avions ennemis nous survolent, ils sont fortement canonnés par nos batteries.
Une pièce lourde ennemie à grande portée a tiré 7 obus sur Belfort.
Un avion français s’est dirigé sur les villes de l’ennemi il a été aussi fortement canonné.
Le bombardement a été intermittent de part et d’autre sur nos positions ainsi que bombes et torpilles sur le 6ème bataillon et sur la tranchée ennemie en face.
La nuit posé des fils de fer et pris la garde en poste avancé.

Lundi 3 juillet

Pluie vais bien.
De garde le jour et travail à la tranchée. La nuit de garde en poste avancé.
Bombardement intermittent de part et d’autre jour et nuit et fusillade de mitrailleuses.
Violent bombardement sur les positions de Burnhaupt et la cote 425. Vers 19 heures le bombardement s’est prolongé une grande partie de la nuit et s’est étendu sur une grande partie de notre front.
L’attaque a été faite par nous sur les positions de Burnhaupt 1916 positions de Schenbagt.

Mardi 4 juillet

Pluie vais bien.
De jour travail à la tranchée, la nuit de garde en poste avancé et posé des réseaux de fils de fer.
Bombardement intermittent de l’une de nos pièces de marine sur Mulhouse, deux avions français règlent le tir.
Bombardement intermittent des positions adverses de notre secteur ainsi que fusillades de mitrailleuses et de fusils. La nuit tir de nos pièces sur les positions ennemies.

Mercredi 5 juillet.

Pluie vais bien.
De jour travail à la tranchée la nuit de garde en poste avancé.
Bombardement intermittent de part et d’autre sur nos positions et rafales de mitrailleuses. Violent bombardement à notre gauche vers 20 heures et qui va durer, violent, pendant 3 heures et suivi d’une attaque par les nôtres sur les positions ennemies. On n’en sait pas le résultat.

Jeudi 6 juillet

Beau, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit de garde en poste avancé
Un avion allemand survole nos lignes. Le soir deux biplans français ont survolé aussi les positions ennemies, ils sont fortement canonnés.
Bombardement intermittent de part et d’autre par les deux artilleries adverses et fusillade de mitrailleuse.

Vendredi 7 juillet

Pluie, vais bien.
Jour, de travail à la tranchée, nuit de garde en poste avancé.
Dans le jour fort duel entre aviateurs français et allemands qui a fini par la fuite de l’avion allemand
Notre artillerie bombarde fortement l’ennemi sur Seppois ainsi que sur l’ennemi devant nous. L’artillerie ennemie répond plus faiblement
La nuit pris la garde par un temps affreux.

Samedi 8 juillet

Beau, vais bien.
La nuit de faction en poste avancé, le jour travail à la tranchée.
Bombardement intermittent de part et d’autre des positions adverses. Notre artillerie a fortement endommagé la tranchée ennemie devant nous.
On doit aller au repos quelques jours à Ballersdorf.
Le bombardement a été très fort dans la région de Belfort.

Dimanche 9 juillet

Cantonnement de Ballersdorf
Pluie, vais bien.
Arrivés hier des tranchées dont nous sommes partis à 18 heures
Arrivés à Ballersdorf à 20heures. Nous sommes logés dans un fenil d’une ferme dont le plancher est effondré dans plusieurs endroits.
Bombardement de part et d’autre, des deux artilleries
Dîner avec Monsieur Tripoze directeur de l’asile de Semur avec Faillard.

Lundi 10 juillet

Pluie, vais bien.
Passé revue du Commandant à 9 heures. Revue d’armes à 13 heures. Revue de vivres de réserve à 14 heures.

Mardi 11 juillet

Beau, vais bien
Occupé avec le Génie à faire un boyau pour placer un câble à 1 mètre 70 sous terre.
Une forte escadrille française nous a survolés se dirigeant sur l’ennemi à régler le tir de nos grosses pièces.
Bombardement intermittent des positions ennemies.

Mercredi 12 juillet

Beau, vais bien
Installé un boyau pour le câble de téléphone à 1 m 70 de profondeur. Un avion ennemi nous survole il est fortement canonné. Une escadrille française a survolé les positions et réglé le tir de nos pièces qui ont bombardé fortement les positions ennemies.

Jeudi 13 juillet

Pluie, vais bien.
Creusé un boyau pour placer des câbles de téléphone. Un avion nous survole et repère notre travail.
Bombardement intermittent de part et d’autre qui se poursuit toute la nuit.

Vendredi 14 juillet

Brouillard, vais bien.
Creusé un boyau sur les positions du 298ème de réserve.
De grand matin un avion ennemi nous survole, il est violemment canonné, l’avion jette plusieurs grosses bombes.
Bombardement intermittent de part et d’autre.
Revue et remise de médailles de croix de guerre.

Samedi 15 juillet

Beau vais Bien. Cantonnement de Ballersdorf
Matin exercice et lancer de grenades. Un avion ennemi survole nos positions. Bombardement intermittent des positions ennemies.

Dimanche 16 juillet

Beau, vais bien. De repos au cantonnement.
Plusieurs avions nous survolent, ils sont fortement canonnés
Bombardement intermittent de part et d’autre.
On s’attend à repartir à la tranchée cette nuit. Départ à 6h 30 arrivé à notre abri de réserve à 9h30. Nous sommes la demie section ensemble dans le même abri.

Lundi 17 juillet

Brouillard, vais bien.
En réserve au bois de Carspach pour le bataillon.
Eté travaillé à la tranchée de 1° ligne de la 17ème Cie qui a remplacé la 23ème du 6ème bataillon. La tranchée et les sapes sont complètement bouleversées par les torpilles, obus de toutes sortes. La 2ème section qui s’y trouvait a été en grande partie détruite. Il y a des trous de torpilles de 10 mètres de diamètre. Les malheureux qui s’y trouvaient ont été enterrés, d’autres ont été mis en lambeaux et projetés dans toutes les directions. Il doit s’y trouver encore des cadavres car ça sent extrêmement mauvais au fur et à mesure que l’on déblaye.
Ce soir nous avons trouvé de la chair en déblayant qui paraissait être de la chair humaine de nos malheureux frères.
Deux biplans français ont survolé toute la soirée les lignes ennemies. Ils ont été fortement canonnés.
Bombardement intermittent de part et d’autre des positions.
Près d’où je vais travailler il y a une bombe de l’ennemi sur une de nos sapes, qui n’est pas éclatée. Elle mesure 1mètre de longueur sur 23 cm de diamètre.
La nuit un malheureux de mes camarades nommé Méresse, étant dérangé du cerveau, est venu subitement fou. Il s’est mis tout nu dehors et fait un bruit infernal. On a dû le ligoter après l’avoir fouetté fortement, ce qui le calma. Aujourd’hui on l’a envoyé en observation.
Toutes les nuits les boches viennent jeter des pétards sur nos sentinelles. On en a tué un.

Mardi 18 juillet

Beau, vais bien
Occupé à déblayer la tranchée de la 17èmeCie qui a été complètement bouleversée par les torpilles Plusieurs avions nous survolent.
Il y a eu bombardement intermittent de part et d’autre et fusillade de mitrailleuses et mousqueterie.

Mercredi 19 juillet

Brouillard, vais bien.
Ai été travaillé à la tranchée de la 17ème. Trouvé le sac du Chasseur Chapuis du 43ème et son fusil enterré.
Bombardement intermittent des positions de part et d’autre et fusillade de mitrailleuses et mousqueterie. L’ennemi a dû faire une relève dans leur tranchée devant nous.
Deux avions nous ont survolés.

Jeudi 20 juillet

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de déblaiement de la tranchée de la 17ème Compagnie. L’ennemi nous tire à chaque instant avec deux mitrailleuses. Fort bombardement de nos pièces sur les tranchées ennemies. L’ennemi répond faiblement.

Vendredi 21 juillet

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de déblayage de la tranchée de la 17ème Cie
Un avion ennemi nous survole, il est fortement canonné.
Le soir placé des fils de fer et planté des piquets entre les deux lignes par un temps très clair. Nous avons été mitraillés par trois mitrailleuses ennemies qui nous avaient aperçu et nous tiraient dessus. C’est une grande chance qu’on n’ait pas été touchés. Plusieurs milliers de balles nous ont été envoyées, on était quatre hommes et un caporal.
Bombardement intermittent d’artillerie et duels de mitrailleuses au cours de la journée

Samedi 22 juillet

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de la 17ème Cie et placé des réseaux de fils de fer barbelés. L’ennemi nous tire dessus avec une mitrailleuse.
Deux avions français survolent les lignes ennemies.
Bombardement intermittent de part et d’autre pendant le jour.
La nuit, posé des fils de fer. Fusillade de chaque coté à la mitrailleuse et lancement de grenades.
Un homme de ma compagnie est parti hier soir à 18 heures
On n’en sait pas de nouvelles, on pense qu’il a déserté.

Dimanche 23 juillet

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la 17ème compagnie.
Plusieurs avions français ont survolé les lignes ennemies, ils ont été fortement canonnés. Il y a eu duel avec deux avions ennemis.
Une de nos pièces à longue portée a tiré plusieurs obus sur les villages ennemis. Le bombardement a été très actif pendant le jour et les mitrailleuses des deux cotés ont beaucoup tiré par de violentes rafales.

Lundi 24 juillet.

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de la 17ème compagnie.
Plusieurs avions nous survolent. Bombardement intermittent des positions adverses et rafales de mitrailleuses pendant le jour.
La nuit notre patrouille a rencontré les boches, il y a eu plusieurs grenades lancées de chaque coté, chez nous personne n’est atteint, l’ennemi s’est enfuit.
A 19 heures 40 violent bombardement sur les positions du 401ème bataillon de marche. Le bombardement a été plus violent pendant environ deux heures, on a remarqué beaucoup de grosses torpilles et bombes. Les mitrailleuses ont beaucoup donné aussi.
La nuit a été très agitée dans notre secteur, nous avons été alertés pendant 3 heures, mais nous n’avons pas été attaqués. L’attaque se produisait dans une autre division qui est à la gauche du 133ème Territorial. Il paraîtrait que l’ennemi n’a pas pu sortir par suite de la violence de notre artillerie, et de la vigilance de nos troupes.
Deux avions français et allemands ont survolé les lignes et se sont tirés à la mitrailleuse.
Nos pertes sont de 13 morts et 21 blessés. Les pertes ennemies sont très fortes.

Mardi 25 juillet.

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de la 17ème compagnie.
Rafales de nos mitrailleuses et bombardement intense au cours de la journée. L’artillerie ennemie a tiré plus faiblement.
La nuit fusillade intense.

Mercredi 26 juillet

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de la 17ème compagnie.
Un avion français survole les lignes, il est fortement canonné.
Vers 15 heures 30 l’ennemi nous bombarde avec de grosses pièces sur la gauche de la 17ème compagnie, nous nous mettons dans les abris. Pendant une demi-heure le bombardement continue, alors nous partons rejoindre notre cantonnement.
Notre artillerie tire bien davantage et par rafales.
La nuit bombardement de bombes et grenades et fusillade intense.

Jeudi 27 juillet

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de la 17ème compagnie.
Plusieurs avions français et allemands ont survolé nos positions,
Ils sont fortement canonnés. Bombardement intermittent de part et d’autre sur le 133ème bataillon de marche et sur le 401ème.
Il nous est arrivé deux hommes par escouade de renfort venant de la 20ème Cie de dépôt. La nuit pose de fils de fer entre les lignes.

Vendredi 28 juillet

Orage, vais bien.
Eté poser fils de fer en avant des tranchées de la 17ème compagnie, l’ennemi nous a tiré plusieurs rafales de mitrailleuse
Un avion ennemi survole nos positions ;
Bombardement intermittent des deux artilleries.
Fusillade de mitrailleuse et de mousqueterie la nuit.

Samedi 29 juillet

Beau, vais bien.
Bombardement intermittent de part et d’autre des positions.
Des avions français et allemands sont fortement canonnés.
Relevés par le 321ème de réserve.
Départ du bois de Carpach à 15heures 30, arrivés à Manspach à 19heures30, passés par Hagenbach et Dannemarie. Nous sommes relevés par le 321ème d’infanterie.

Dimanche 30 juillet

Cantonnement de Manspach
Beau, vais bien.
Pris la garde pour 24 heures au poste de police.
Ai été aux douches à Dannemarie.
Deux avions français nous survolent, ils sont fortement canonnés


Lundi 31 juillet

Beau, vais bien.
De garde au poste de police.
Plusieurs avions français sont passés de grand matin se dirigeant sur les lignes ennemies.
Partis de Manspach à 16heures, le bataillon est relevé, passé par St Léger, St Alrich, Struet, Friesen, Ubelstrass, arrivés à Seppois à 23heures. On y cantonne la nuit.

Mardi 1° août

A Seppois-le-Bas.
Beau, j’ai des douleurs qui me font un peu souffrir.
On va prendre les positions de Cadoret en remplacement du 102ème Chasseurs Alpins. Cantonnés à Cadoret dans l’abri Charles de réserve
Bombardement des positions ennemies par nos pièces. L’ennemi répond faiblement.

Mercredi 2 août

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée. Bombardement par rafales de notre artillerie sur les positions ennemies, l’ennemi répond faiblement. Fusillades intermittentes. Violent bombardement à la nuit sur nos positions, c’est nous qui avons commencé le feu, les obus à fusil, grenades, torpilles, bombes, et obus de toutes sortes ont été envoyés en grande quantité. On ne sait pas encore les pertes qu’il y a eu.

Jeudi 3 août

Chaleur, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée. Plusieurs avions survolent nos positions.
Bombardement intermittent et par rafales d’obus de 77 mm sans nous faire de pertes.
Un avion français survole les positions ennemies.

Vendredi 4 août

En réserve à l’abri Charles, Seppois
Chaleur, vais bien.
De corvée pour l’ordinaire. Bombardement intermittent et par rafales sur les positions ennemies. L’ennemi a aussi bombardé nos positions. Sur ma Cie plusieurs abris individuels ont été détruits, sans heureusement qu’il y ait de touchés parmi nous 6 fusils et autant de baïonnettes ainsi que des havresacs et effets ont été détruits.

Samedi 5 août

Beau, vais bien.
Occupé à dégager les boyaux de première ligne bouleversés par le bombardement d’hier. Bombardement des positions ennemies par notre artillerie, l’ennemi répond faiblement. Un avion français nous survole.
L’ennemi nous envoi une rafale d’obus de 77mm sur les travailleurs dans les boyaux, mon camarade Eugène Petit de St Christophe est blessé légèrement par un éclat à la hanche gauche.
On nous fait un exercice d’alerte.

Dimanche 6 août

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Bombardement par rafales par nos batteries sur les positions ennemies.
Exercice de protection pour les gaz.
7 avions français nous ont survolés se dirigeant sur les villes allemandes. Plusieurs avions ennemis nous ont survolés se dirigeant sur Belfort, ils ont été fortement canonnés.

Lundi 7 août

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée. Bombardement intermittent et par rafales de nos pièces sur les positions ennemies, l’ennemi répond faiblement et par obus de gros calibre sur nos positions de l’Entre-Largues. 2 avions survolent nos positions.

Mardi 8 août

Beau, vais bien
Occupé aux travaux de la tranchée. Fort bombardement de part et d’autre avec des obus de gros calibre. Notre artillerie tire par rafales et envoie davantage que l’ennemi. L’ennemi doit avoir été relevé car aujourd’hui il ne cesse de tirer des balles quand il entend du bruit ou qu’il nous voit. Le soir l’ennemi bombarde nos positions de Cadoret (poste centre ) avec des obus de gros calibre, bouleversant notre tranchée et détériorant fortement nos abris. Nous avons essayé de réparer le jour mais l’ennemi nous a envoyé immédiatement des obus fusants. La nuit nous reprenons le travail de déblaiement. A peine avons déblayé le plus gros qu’une rafale de 77mm nous est envoyée sans heureusement blesser personne, on ne voyait que du feu !
A 11heures du matin l’ennemi nous envoi encore plusieurs rafales, nous avons deux blessés. Deux avions nous survolent.

Mercredi 9 août

Beau vais bien.
Matin repos. Le bombardement reprend intermittent, notre artillerie commence le feu. L’ennemi répond plus faiblement.
Le soir, 5 avions français survolent les lignes ennemies, ils sont fortement canonnés. Un avion allemand a aussi survolé nos lignes. A 17 heures fort bombardement sur nos positions, c’est nous qui avons commencé le feu. Nous avons bouleversé la tranchée allemande sur plusieurs points ainsi que leurs abris.
L’ennemi répond faiblement par des grenades, bombes, et une trentaine d’obus de gros calibre. Notre artillerie répondait par quatre coups à chacun des coups tirés par l’ennemi.
De notre coté il n’y a pas eu de blessé.

Jeudi 10 août

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux des tranchées. Bombardement par intermittence de part et d’autre. Fusillade intense la nuit.

Vendredi 11 août

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Bombardements intermittents de part et d’autre. La nuit fusillade intense et duels de bombes.
J’apprends la triste nouvelle du suicide de mon cher ami Moriau qui m’a fait bien de la peine.

Samedi 12 août

Beau, vais bien.
Relevé de la tranchée Cadoret à Seppois. De repos pour notre départ de ce soir.
Dès le matin fort duel de bombes de part et d’autre sur nos positions et celles de l’ennemi. Bombardement intermittent de notre artillerie. Un avion allemand survole nos positions.
Départ de Cadoret, nous sommes relevés à 15heures30 par la 23ème compagnie. Nous allons jusqu’au bourg de Seppois. Départ de Seppois à 20heures25, arrivés à Friesen à 22heures. Passés par Uberstrass. Passé un jour à Friesen. Partis à 18heures30. Passés à Strueth et Dannemarie, Arrivés à Ballersdorf à 23heures30.
Logé la demie section au centre du bourg.

Dimanche 13 août

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement de Friesen.
Il y a de très belles récoltes, le sol est des meilleurs.
Un avion allemand survole nos positions. Bombardement intermittent de part et d’autre.

Lundi 14 août

Beau, vais bien.
Arrivés au cantonnement de Ballersdorf où nous avons repos.

Mardi 15 août

Cantonnement de Ballersdorf
Beau, vais bien. De repos au cantonnement.
Bombardement intermittent de notre artillerie. L’ennemi répond faiblement. Une de nos escadrilles survole à la nuit les lignes ennemies, les avions sont fortement canonnés, tous rentrent indemnes à leur poste

Mercredi 16 août

Beau, vais bien.
Matin et soir à l’exercice. Une escadrille française nous a survolés
Ainsi que les lignes ennemies, ils ont été fortement canonnés.
Bombardement intermittent de part et d’autre.

Jeudi 17 août

Pluie, vais bien.
Ai été travaillé aux travaux de première ligne dans les bois de Carpach. Matin violent bombardement sur Seppois qui a duré 3heures. Plusieurs avions surveillent le tir et les mouvements de troupes cantonnées à Ballersdorf.
Secteur n° 65. 134 ème division.
Nous faisons partie de la 134 ème division d’infanterie, 334ème,
250ème, 298ème. Le Général commandant la division est le Général Baradier ?

Vendredi 18 août

Pluie, vais bien.
Occupé au « creusage » d’un boyau au rendez-vous de chasse dans les bois de Carpach.
Bombardement intermittent de notre artillerie. L’ennemi répond faiblement à notre tir.
Nous faisons partie maintenant du secteur 65 de la 213ème Division.

Samedi 19 août

Beau, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans les bois de Carpach.
Bombardement intermittent de notre artillerie sur les positions ennemies. L’ennemi ne répond pas à nos pièces. Un avion nous survole.

Dimanche 20 août

Beau, vais bien.
Repos au cantonnement de Ballersdorf.
Bombardement intermittent de notre artillerie sur les positions ennemies.

Lundi 21 août

Beau, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans les bois de Carpach.
Bombardement intermittent de notre artillerie qui montre une grande supériorité sur celle de l’ennemi voilà déjà plusieurs mois dans nos parages.
Six avions français ont survolé les positions ennemies, ils ont été bombardés sans succès par l’ennemi. La nuit nous sommes alertés au cantonnement à partir de 17heures.
La 19ème compagnie est montée aux tranchées. Nous, nous sommes restés. Il n’y a pas eu d’attaque la nuit.
Bombardements intermittents.

Mardi 22 août

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux d’un boyau dans les bois de Carpach.
Fort bombardement de part et d’autre sur les positions.
Nos pièces tirent davantage. En rentrant du travail l’ennemi bombarde fortement sur notre passage, plusieurs gros obus tombent très près de nous, nous faisant aplatir à chaque coup.
Heureusement personne n’est touché.
La nuit violent bombardement sur les positions de Burnhaupt.
La nuit plusieurs batteries ont été relevées c’est le 29ème et 5ème d’artillerie qui ont été remplacés.

Mercredi 23 août

Beau, vais bien.
Occupé à creuser un boyau dans les bois de Carpach. Bombardement intense de part et d’autre des positions.
Plusieurs avions français et allemands survolent nos positions et se livrent bataille.

Jeudi 24 août

Brouillard, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans le bois de Carpach.
L’ennemi envoi un chat avec un canon automatique, qu’on leur a renvoyé aussitôt, sans doute jamais il n’avait fait pareil saut !
Plusieurs avions français et allemands nous ont survolé et se sont livrés bataille. Ils ont été fortement canonnés.

Vendredi 25 août

Beau, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans le bois de Carpach
Plusieurs avions français et ennemis nous survolent. Bombardement intermittent de part et d’autre des positions.

Samedi 26 août

Beau, vais bien.
A l’exercice matin et soir. Bombardement intermittent.
Deux avions français survolent les positions. L’ennemi répond faiblement à notre artillerie.
Nous partons en réserve de Division dans les bois d’Altkirch, arrivée à 20heures.

Dimanche 27 août

Beau, vais bien.
De réserve dans le bois d’Altkirch, en repos toute la journée.
Bombardement des positions ennemies par notre artillerie. L’ennemi répond faiblement.
Un avion français survole les positions de l’ennemi qui nous bombarde fortement avec des obus de 150mm fusants.
Le médecin-major du 250ème territorial âgé de 59 ans est tué raide d’une schrappnel qui lui a traversé le cœur en appelant la sentinelle pour la faire rentrer à l’abri.
Les arbres sont criblés et coupés de projectiles autour de nous.
On arrête un civil dans les lignes qu’on emmène au poste.

Lundi 28 août

Pluie, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans le bois de Carpach.
L’ennemi nous bombarde fortement.
La Roumanie déclare la guerre à l’Autriche.
Nous sommes relevés du Chenoltz à 19heures, on rejoint notre cantonnement de Ballersdorf.
L’Italie déclare la guerre à l’Allemagne.

Mardi 29 août

Beau, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans le bois de Carpach.
Plusieurs avions français et allemands survolent les positions et se livrent combat. Bombardement intermittent de part et d’autre

Mercredi 30 août

Pluie, vais bien.
Occupé au creusage d’un boyau dans le bois de Carpach.
Bombardement intermittent de part et d’autre. Deux avions survolent les positions.

Jeudi 31 août

Brouillard, vais bien.
Occupé à creuser un boyau dans le bois de Carpach.
Bombardement intermittent de part et d’autre par nos batteries.
L’ennemi répond faiblement.

Vendredi 1° septembre

Beau, vais bien.
Creuser un boyau au bois de Carpach.
Bombardement intermittent de part et d’autre. Plusieurs avions survolent les positions et sont fortement canonnés.
Des avions allemands ont lancé de gros obus sur Montreux-le-vieux et ont tué ou blessé 50 personnes.

Samedi 2 septembre.

Beau, vais bien. De repos au cantonnement.
Bombardement intermittent des positions ennemies par nos batteries. L’ennemi répond faiblement. Plusieurs avions allemands survolent nos positions, ils sont fortement canonnés et mis en fuite par nos escadrilles qui leur ont livré un violent combat. La nuit fusillade intense et bombardement intermittent.

Dimanche 3 septembre

Beau, vais bien. De repos au cantonnement.
Bombardement intermittent. Plusieurs avions français et allemands survolent les positions et se livrent plusieurs combats.
Départ pour Seppois à 19heures. Passés à Fulleren, St Ulrich, Friesen, Ueberstrass. Arrivés à Seppois à 0heure30 du matin.
Cantonnés à Seppois pour un jour.

Lundi 4 septembre

Pluie, vais bien.
De repos au bourg de Seppois. Journée assez calme.

Mardi 5 septembre

Tranchée de Cadoret, abri centre
Pluie, vais bien.
Pris la tranchée poste centre de Cadoret ce matin à 7heures30 une demie section.
L’ennemi ne cesse de tirer sur notre poste d’écoute où on prend la faction, et toutes les balles portent dedans, on peut même guère se montrer sans risque d’être tué.
La nuit la fusillade continue.

Mercredi 6 septembre

Brouillard, vais bien.
De garde au poste d’écoute jour et nuit L’ennemi tire beaucoup moins qu’hier. Il y a quelques coups de canon d’échangés.

Jeudi 7 septembre

Temps couvert vais bien.
De faction jour et nuit au poste d’écoute

Vendredi 8 septembre

Pluie, vais bien.
De garde au poste d’écoute jour et nuit. Fusillade intermittente de mitrailleuses et fusils par l’ennemi. Bombardement intermittent de part et d’autre des positions. Il a été très fort dans la soirée, avec de l’artillerie lourde. L’ennemi a fortement fait sonner les cloches et fait de la musique à la tranchée. On croit à une victoire sur les Roumains.

Samedi 9 septembre

Beau, vais bien.
De faction jour et nuit au poste d’écoute. Bombardement intermittent de part et d’autre des positions ainsi que fusillade intense. Le soir le bombardement se poursuit très fort de notre coté, l’ennemi répond plus faiblement. La nuit rafales de mitrailleuse et vive fusillade sur le 298ème.

Dimanche 10 septembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste d’écoute. Fort bombardement par intermittence de part et d’autre avec des grosses pièces.
Notre artillerie contraint l’ennemi au silence. Deux avions allemands ont passé nos lignes, il y a eu duel avec les nôtres.

Lundi 11 septembre

Beau, vais bien
De garde au poste d’écoute jour et nuit.


Mardi 12 septembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste d’écoute. Bombardement intermittent de part et d’autre des positions, l’ennemi répond faiblement. La nuit bombardement de torpilles, bombes, et grenades à l’Entre-Largues sur le 298ème d’Infanterie. Un avion ennemi survole les positions de Bellersdorf, il est fortement canonné.

Mercredi 13 septembre

Beau, vais bien.
De faction au poste d’écoute jour et nuit. Un avion nous survole de grand matin. Fusillade intense, plusieurs balles tapent le créneau du poste d’écoute. Bombardement intermittent de part et d’autre des positions. Nous assistons à un fort duel entre aviateurs français et allemands qui rentrent après une vive fusillade. La nuit rafales de mitrailleuses et duel de bombes et torpilles.

Jeudi 14 septembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste d’écoute. L’ennemi tire beaucoup, on ne peut guère se montrer au créneau, on risque d’être tué.
Bombardement intermittent de part et d’autre. Violent bombardement dans la région de l’Hartmannsvillerkopf, bombardement intermittent de part et d’autre. Violent bombardement par l’ennemi avec des 150mm sur nos abris. Notre artillerie répond en tirant le double d’obus. La nuit rafales de mitrailleuses. Des avions survolent les positions.

Vendredi 15 septembre

Beau vais bien.
De garde jour et nuit au poste d’écoute. Bombardement intermittent de chaque coté. Deux avions français survolent les positions ennemies, ils sont fortement canonnés. Le soir notre artillerie bombarde fortement l’ennemi. De notre coté on n’a heureusement pas de pertes en hommes.

Samedi 16 septembre

Temps couvert vais bien.
De garde jour et nuit au poste d’écoute. Bombardements intermittents. Une escadrille d’avions français a passé les lignes se dirigeant sur Mulhouse, elle est fortement canonnée.
Nous sommes relevés de l’abri-centre par les 3ème et 4ème sections
A 22 heures, violent bombardement de notre artillerie sur les positions ennemies, les obus tombent par dizaines, le bombardement dure 2heures des plus violents. On devait enlever un poste d’écoute ennemi, c’est notre groupe-franc qui devait le prendre. Ils ont refusé d’attaquer car notre artillerie mal renseignée leur tirait dessus. Un homme est coupé en deux par nos obus au moment où ils se lançaient à l’attaque.

Dimanche 17 septembre

En réserve à l’abri Charles. Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée et des boyaux. Bombardement intermittent de part et d’autre, duel de bombes , torpilles, et grenades. La nuit pose de fils de fer entre les 2 lignes et patrouille

Lundi 18 septembre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée et boyaux.
Bombardement intermittent d’obus, bombes et grenades.
La nuit pose de fils de fer barbelés entre les deux lignes.
L’ennemi a bombardé Ballersdorf dix soldats ont été tués et deux civils.

Mardi 19 septembre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées et boyaux. Matin calme. Soir bombardement intermittent, duel de bombes et torpilles, fusillade intense.

Mercredi 20 septembre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées et boyaux. Duels de bombes et grenades à fusil intermittents. Fusillade intense la nuit. Posé des fils de fer entre les deux lignes

Jeudi 21 septembre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées et boyaux. Duel de bombes et grenades. Bombardement par notre artillerie des positions ennemies. L’ennemi répond faiblement. Pose de fils de fer barbelés et patrouille entre les deux lignes

Vendredi 22 septembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchée et boyaux. Plusieurs avions français et allemands survolent les positions et sont fortement canonnés Bombardement intermittent. Posé des fils de fer et fait des patrouilles entre les deux lignes.
L’ennemi tire beaucoup au fusil sans nous faire de mal.
Bombardement intermittent de part et d’autre. Le soir le bombardement est beaucoup plus fort de notre coté. La nuit fusillade de mitrailleuse et de mousqueterie.

Samedi 23 septembre

En réserve à l’abri Charles à Seppois.
Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées et boyaux. Le matin un avion allemand va repérer le tir d’une grosse pièce qui tire dans la région de Lepuix, il est fortement canonné.
Un de nos avions est tombé en flamme près de Dannemarie, deux autres ont été obligés d’atterrir.
Bombardement intermittent d’artillerie de part et d’autre, et duel de bombes et de torpilles ainsi que fusillade intermittente.
La nuit pose de fils de fer barbelés et fait des patrouilles entre les lignes.

Dimanche 24 septembre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées et boyaux. Deux avions allemands nous survolent, ils sont fortement canonnés.
Bombardement intermittent de part et d’autre. Posé des fils de fer et fait des patrouilles entre les deux lignes. Duel de bombes et fusillades la nuit.

Lundi 25 septembre

Beau. Nous sommes relevés par la 21ème compagnie du 6ème Bataillon. Nous restons en réserve à Seppois pour les corvées et renfort. Nous avons repos pour la journée.
Le soir notre artillerie bombarde violemment les villages ennemis. L’ennemi répond en bombardant nos tranchées et Seppois et les routes avoisinantes. Plusieurs maisons sont effondrées par les obus. Trois soldats sont blessés au village.
On craint un bombardement de nuit, il y en a qui couchent dans les abris d’artillerie. Plusieurs avions survolent nos positions.

Mardi 26 septembre

Beau, vais bien.
Matin repos au cantonnement. Un avion ennemi nous survole.
Fait des corvées de jour et nuit à l’Entre-Largues et au bois Pointu. Fort bombardement de bombes et torpilles de chaque coté à l’Entre-Largues. Vives fusillades le jour et la nuit par nos mitrailleuses. Duel d’artillerie, il y a deux hommes blessés ou tués ? au 298ème Territorial.

Mercredi 27 septembre

En réserve à Seppois-bourg. Pluie, vais bien.
Occupé aux corvées de l’Entre-Largues et du bois Pointu.
Bombardement intermittent d’artillerie et de bombes. Rafales de mitrailleuses surtout la nuit.

Jeudi 28 septembre

Brouillard, vais bien.
Revue d’armes vivres et effets. Corvées jour et nuit aux tranchées. Passé l’épreuve des gaz asphyxiants à Seppois en rentrant de corvée. L’ennemi nous envoi plusieurs rafales de mitrailleuse pendant les corvées. Les nôtre tirent aussi beaucoup sur les positions ennemies.

Vendredi 29 septembre

Brouillard, vais bien.
De repos au cantonnement. Pour le soir on annonce un fort bombardement par l’ennemi sur Seppois. On nous rentre dans les abris d’artillerie tout équipés pour l’alerte. L’ennemi devait bombarder le patelin mais il n’a envoyé que trois obus. Nos pièces à longue portée ont tiré plusieurs coups.

Samedi 30 septembre

Pluie, vais bien. De repos au cantonnement. Bombardement et fusillade de mitrailleuses et fusils jour et nuit.

Dimanche 1° octobre

Tranchée de Cadoret.
Beau, vais bien.
La nuit de garde au poste d’écoute. De jour travail à l’abri.
On a relevé ce matin à 5 heures la 21ème compagnie. Notre poste est assez tranquille. Nous prenons 6 heures de faction. On a bien froid et on repose guère. Le jour nous travaillons aux abris et à la tranchée. Un avion survole les positions. Bombardement intermittent, rafales de mitrailleuses et fusillade intense jour et nuit de part et d’autre.
Le camarade Fayard rentre de permission avec Pollette de Saint Christophe qui est blessé légèrement en arrivant à Ueberstrass par un obus allemand. Il est évacué.

Lundi 2 octobre

Beau, vais bien.
La nuit de faction 6 heures au poste d’écoute, on a très froid.
Le jour on travaille à la tranchée. Plusieurs avions survolent
Les positions. Le soir violent bombardement par intermittence.
Rafales de mitrailleuses et fusillade intense jour et nuit.

Mardi 3 octobre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste d’écoute. Le jour on travaille à la tranchée. L’ennemi nous bombarde fortement avec des grosses pièces de 150mm, une douzaine tombent tout près de nous dévastant notre tranchée. Personne heureusement n’est touché. Nous nous fourrons à l’abri d’artillerie. Notre artillerie répond avec des obus de 95mm. La nuit rafales de mitrailleuses et fusillade. Duel de bombes de chaque coté.

Mercredi 4 octobre

Beau, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit faction au poste d’écoute.
Un avion ennemi survole nos positions. Bombardement intermittent. Deux avions français survolent les positions ennemies, ils sont fortement bombardés. Vers 16 heures violent bombardement du coté de la côte 425. La nuit rafales de mitrailleuses et fusillade intense.

Jeudi 5 octobre

Pluie, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit faction de 6 heures au poste d’écoute. Rafales de mitrailleuses de part et d’autre. Pose de fils de fer barbelés et patrouilles. Bombardement intermittent.

Vendredi 6 octobre

Pluie, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit de faction au poste d’écoute.
Plusieurs avions français survolent les lignes ennemies, ils sont fortement canonnés. Notre artillerie lourde bombarde violemment les tranchées ennemies à l’Entre-Largues et Pfetterhouse. Un dépôt de munition a sauté. Les pertes et dégâts doivent être élevés car le bombardement a duré plus de deux heures, L’ennemi n’a pas répondu. La nuit rafales de mitrailleuses intermittentes.

Samedi 7 octobre.

Beau, vais bien.
De jour travail à la tranchée. De nuit rafales intermittentes de nos mitrailleuses. L’ennemi répond faiblement mais il n’y a rien de perdu et on peut s’attendre à être fortement bombardés. Bombardement intermittent. Plusieurs avions français ont passé les lignes ennemies. La nuit pose de fils de fer et patrouilles.

Dimanche 8 octobre

Beau, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit de faction au poste d’écoute.
Au jour l’ennemi bombarde violemment nos positions de Largitzen. On croit à une attaque mais au bout d’une heure le bombardement s’arrête. Une attaque de l’ennemi fait quatre prisonniers et deux tués au 298ème Territorial. L’ennemi nous envoi une dizaine d’obus fusants. Heureusement personne n’est touché. Mon capitaine me bouscule pour se garer à l’abri ! Par l’attaque de l’ennemi au 298ème Territorial il y a eu 4 prisonniers et trois tués dont un sergent et deux sentinelles.
On recherche un espion ennemi qui vendrait du papier à lettres à la tranchée.

Lundi 9 octobre

Beau, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit 6 heures de faction au poste d’écoute. Bombardement intermittent. Plusieurs avions français et allemands tiennent les airs, ils se livrent entre eux de furieux combats à la mitrailleuse et ils sont fortement canonnés de part et d’autre. La nuit violent bombardement de bombes, de grenades sur le poste nord, ainsi que des rafales de mitrailleuses qui livrent une violente fusillade. C’est l’ennemi qui a déclenché en tirant sur une de nos équipes du Génie.

Mardi 10 octobre

Beau, vais bien.
De jour travail à la tranchée, de nuit faction au poste d’écoute.
Le matin, l’artillerie ennemie nous bombarde par intermittence.
Le soir, violent combat, violent bombardement de notre artillerie sur les positions ennemies en face de nous.
La nuit par suite de la sortie de deux boches dans notre réseau de fils de fer un violent bombardement se produit de bombes et grenades qui dure plus d’une heure, et les mitrailleuses de chaque coté envoient une terrible fusillade qui dure une grande partie de la nuit. Violent bombardement dans la région de Burnhaupt où est le 215ème de Réserve d’Active qui a attaqué. On ne sait pas encore se qui s’est passé. La nuit des avions ont survolé les lignes se dirigeant sur Mulhouse et sont revenus sur Belfort.

Mercredi 11 octobre

En réserve au Pont Ramon (Seppois)
Beau, vais bien.
En réserve pour les corvées et renfort.
Eté relevés ce matin par la 8ème escouade. Fort bombardement sur l’Entre-Largues par intermittence. Plusieurs avions français survolent les positions ennemies. La nuit rafales de mitrailleuses.

Jeudi 12 octobre

Beau, vais bien.
En réserve pour les corvées et renfort. Plusieurs avions français et allemands survolent les positions. Rafales de mitrailleuses nuit et jour. Travaillé à la tranchée de soutien.

Vendredi 13 octobre

Brouillard, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de soutien Fort bombarde- ment de nos positions par l’ennemi, notre artillerie répond énergiquement. Des avions français survolent les positions ennemies. La nuit rafales de mitrailleuses.

Samedi 14 octobre

Beau, vais bien.
Occupé à la tranchée de soutien. Bombardement intermittent de part et d’autre .Quatre avions français ont survolé les lignes et positions ennemies, ils sont fortement canonnés. Rafales de mitrailleuses. Violent bombardement du coté de Burnhaupt.
Posé des fils de fer barbelés la nuit entre les lignes.

Dimanche 15 octobre

Beau, vais bien.
Occupé à la tranchée de soutien. Le matin notre artillerie bombarde fortement les positions ennemies de l’Entre-Largues
Duel de bombes et torpilles et rafales de mitrailleuses. L’ennemi répond faiblement.

Lundi 16 octobre

Variable, vais bien.
Occupé à la tranchée de soutien. Rafales de bombes et torpilles de notre artillerie sur les positions ennemies, de l’Entre-Largues
Pfetterhouse et Largitzen. L’ennemi répond plus faiblement. La nuit rafales de mitrailleuses sur les patrouilles et les travailleurs.

Mardi 17 octobre

Beau, vais bien.
Occupé aux travaux de la tranchée de soutien. Tirs de repérage de nos grosses pièces lourdes sur les positions ennemies. Deux de nos avions semblent régler le tir. Deux avions de chasse ennemis les attaquent et les obligent à s’enfuir dans un violent duel où l’ennemi a l’avantage. Trois de nos avions dont un de chasse reviennent et poursuivent les Taubes bien au-delà de leurs
Lignes. Environ une heure après un fort avion ennemi vient attaquer à toute vitesse notre saucisse de Lepuix qui descend tout en bombardant l’avion ennemi qui fait demi-tour et s’enfuit.
Fort bombardement des positions de réserves ennemies par nos grosses pièces lourdes.

Mercredi 18 octobre

Pluie, vais bien.
Occupé à la tranchée de soutien. Bombardements intermittents
La veille, violent bombardement sur l’Entre-Largues et le Bois
Pointu. Rafales de mitrailleuses pendant toute la nuit.

Jeudi 19 octobre

En réserve à Pont Ramon (Seppois)
Pluie, vais bien.
Occupé à la tranchée de soutien. Bombardement intermittent de part et d’autre avec rafales de mitrailleuses. Posé des fils de fer
barbelés entre les lignes la nuit.

Vendredi 20 octobre

Pluie et neige, vais bien
Occupé aux travaux de la tranchée de soutien. Bombardement intermittent de part et d’autre. Rafales de mitrailleuse.

Samedi 21 octobre.

Neige, vais bien.
De repos au cantonnement. Bombardement par intermittence de part et d’autre.
Nous sommes relevés par la 21ème compagnie à 20 heures pour aller à Seppois. Rafales de mitrailleuses.

Dimanche 22 octobre

Beau vais bien.
De repos au cantonnement de Seppois
Bombardement intermittent de part et d’autre et rafales de mitrailleuse. Trois avions de chasse et deux de bombardement ont survolé les positions ennemies, ils ont été fortement canonnés sans être touchés. Il y a eu duel avec des avions ennemis.

Lundi 23 octobre

Beau, vais bien.
Bombardement de part et d’autre des grosses pièces lourdes.
On doit partir pour Hagenbach à 17 heures mais un ordre vient pour nous alerter : L’ennemi doit attaquer les positions de Seppois. Nous passons la nuit équipés prêt à intervenir, mais nous n’avons pas été attaqués. De chaque coté on s’est borné à un bombardement intermittent et des rafales de mitrailleuses.
Il y aurait de signalé une division ennemie qui viendrait dans nos parages. Les avions français signalent un mouvement important de troupes ennemies.
Nous ne partons pas aujourd’hui.

Mardi 24 octobre

Beau, vais bien.
Nous sommes toujours en alerte à Seppois.
Bombardements intermittents et rafales de mitrailleuses. Nous passons la nuit équipés, mais heureusement il n’y a pas d’attaque

Mercredi 25 octobre

Beau, vais bien.
Nous sommes toujours en alerte à Seppois.
Bombardement intermittent de part et d’autre.
Départ pour Hagenbach à 17 heures.
Passons par Ueberstrass, Friesen, Strueth, St Ulrich, Altenach,
St leger, Manspach, Dannemarie, Gommersdorf pour arriver à Hagenbach à 22 heures. Nous avons eu la pluie pendant tout le voyage. En arrivant on nous sert un bon thé au rhum. On couche dans un fenil.

Jeudi 26 octobre

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement. Bombardement intermittent.
Le soir j’ai pris une bonne cuite avec l’ami jacques Dru

Vendredi 27 octobre

Temps couvert vais bien.
De repos au cantonnement.
Un avion allemand nous survole. Fort bombardement par intermittence.

Samedi 28 octobre

Pluie, enrhumé.
Départ de Hagenbach à 4 heures, arrivés à 6 heures à la tranchée. Nous sommes logés à quatorze dans un abri qui ne peut contenir que dix hommes. On prend la faction à la lisière du bois, une sentinelle de jour et deux la nuit. Devant nous il y a Brinighoffen à 680 mètres, Spechbach à 2500 mètres, Enschingen à 3 kilomètres, la Largue à 640 mètres, le canal du Rhône au Rhin à 200 mètres.
Les camarades Couillin (caporal) Perraud (sergent) les soldats Longuet et Albert et le lieutenant Delaume chef de section ont installé le premier poste de sentinelle de nuit.
Arrivés à l’emplacement du poste, l’ennemi au nombre de six environ, leur tend une embuscade et leur tire une dizaine de coups de fusil et deux grenades. Le lieutenant Delaume reçoit deux balles dans l’estomac, les autres n’ont pas été touchés. Le lieutenant est mort un quart d’heure après. Les boches les ont tirés à quatre mètres.

Dimanche 29 octobre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit en poste d’écoute avancé par une pluie battante et dans la boue jusqu’aux chevilles. On est gelés.
Le jour bombardement intermittent. Plusieurs avions français et allemands nous survolent et se livrent combat, ils sont fortement canonnés. Nuit assez calme devant nous.

Lundi 30 octobre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. La nuit il ne cesse de pleuvoir, la faction est très dure.
Violents bombardements la nuit sur les positions de Seppois.
Il doit y avoir une attaque. Le jour un avion nous survole.

Mardi 31 octobre

Pluie, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Fort bombardement sur les positions de Seppois. Des avions français survolent les positions. Violents bombardement du coté de l’Hartmann et de Seppois.

Mercredi 1° novembre

Pluie, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Plusieurs avions français et allemands survolent nos positions et se livrent combat. Violent bombardement dans la région de Largitzen et Seppois. Il y a probablement attaque.

Jeudi 2 novembre

Beau, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Plusieurs avions français survolent nos positions. Bombardements intermittents. Rafales de mitrailleuses de chaque coté dans la soirée.
Violents bombardements au cours de la nuit du coté de l’Hartmannvillerkopf. La nuit, pluie battante, on souffre beaucoup de la pluie et de la boue, et pas d’abri pour prendre la garde !

Vendredi 3 novembre

Tranchée de Brinighoffen.
Beau, vais bien.
De garde jour et nuit en poste avancé et à découvert.
Plusieurs avions survolent les positions ennemies.
Violents bombardements sur l’Hartmannsvillerkopf et Seppois

Samedi 4 novembre

Pluie, vais bien.
De faction au poste d’écoute avancé. Violent bombardement sur le Chenoltz ou Largitzen

Liste de camarades et annotations diverses

6 Ravat 33 Chevassus
7 Bonnel 34 Chalon
8 Jacquelot 35 Dechaume
9 Tourette 36 Lochon
10 Ouret 37 Guyot
11 Audry 40 Calfumier (caporal)
12 Devarssallieux (caporal)
13 Murat
14 Danjou
15 Granjean
16 Bousquet
17 Thureau
18 Demichel
19 Froment
20 Machon
21 Le Quéré
22 Thilliet
23 Jourdan
24 Dupont
25 Dru
26 Paroman
27 Peltier
28 Jardilliere
29 Colin
30 Charpigny
31 Renard (caporal)
32 Bonhomme

Liste de camarades et annotations diverses (suite)

15ème escouade

Vivres de réserve versés

Henriet complet
Beryl manque potage et biscuits
Dupont complet
Grisard complet
Dejoux manque le café
Cardarelly complet
Tripier complet

Prêt de la 15ème escouade

Dejoux payé 3 fr 75
Grisard « « « «
Henriet « « « « (me doit 3 fr)
Cardarelly « « 3 fr (me doit 2 fr)
Beryl « « 10 fr 49
Tripier « « 8 fr 99 (me doit 1 fr)
Dupont « « 5 fr 40
Heritier « « 3 fr 75

42 fr 97

Jeudi 10 novembre

Cantonnement de Chenotz
Violent bombardement suivi d’une attaque sur notre Bataillon ainsi que sur le 99ème Territorial à qui l’ennemi a enlevé 2 mitrailleuses et 13 hommes. Ils ont emmené les prisonniers dans une barque qui leur avait servie à passer le canal pour attaquer.
Deux hommes sont revenus parce qu’ils n’avaient pu tenir dans la barque. A mon escouade il y a eu un mort et un blessé. Mon ami Bouquet, coiffeur, est tué et Fauré blessé grièvement.
A la 19ème compagnie l’adjudant Retty est tué, un sergent et trois hommes sont blessés. A la 99ème compagnie il y a eu plusieurs morts et blessés. Presque tous ont été tués par notre artillerie qui faisait le tir de barrage en plein sur notre tranchée. C’est terrible d’être tués par nos obus !

Carnet interrompu du 11 au 16 novembre
Pour cause de permission sans doute en Saône- et- Loire

Vendredi 17 novembre

Neige, vais bien.
Arrivé de permission avec un bon cafard.
Pris huit heures de garde par un temps impitoyable

Samedi 18 novembre

Neige, vais bien.
De garde au poste avancé.
Fort bombardement du coté de l’Hartmannsvillerkopf et Metzeral, et duel de bombes et grenades.

Dimanche 19 novembre

Pluie vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Fort bombardement sur l’Hartmannsvillerkopf.

Lundi 20 novembre

Beau, vais bien. Tranchée de Chenotz
De garde jour et nuit au poste avancé.
Bombardement intermittent et rafales de mitrailleuses de part et d’autre.

Mardi 21 novembre

Pluie, enrhumé.
De garde jour et nuit au poste avancé. L’après-midi travail à la tranchée. Rafales de mitrailleuse, fort bombardement du coté de l’Hartmannsvillerkopf. Chez nous bombardements intermittents

Mercredi 22 novembre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Rafales de mitrailleuses et bombardements intermittents. Vive fusillade sur le 98ème Territorial…et bombardement.
Plusieurs avions nous survolent très bas, ce sont des allemands.

Jeudi 23 novembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Bombardements intermittents. Violents bombardements sur Uffoltz la soirée et la nuit.
La nuit notre Groupe-Franc a attaqué sur Largitzen et a enlevé un poste ennemi.

Vendredi 24 novembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Violents bombardements sur Uffoltz. Plusieurs avions nous survolent. La nuit fusillades très vives sur nos positions, et bombardement sur les positions ennemies

Samedi 25 novembre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Violent bombardement sur Uffoltz. Plusieurs avions nous survolent. Bombardement intermittent sur l’Hartmann et les positions ennemies devant nous. La nuit il pleut à verse, on est trempés jusqu’aux os.

Dimanche 26 novembre

Pluie, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Fort bombardement sur l’Hartmann et duel de bombes et grenades sur le 99ème Territorial

Lundi 27 novembre

Pluie, vais bien.
De garde la nuit (9 heures) par la pluie. C’est affreux de faire souffrir les hommes pareillement !
Bombardement intermittent sur nos positions.
Violent bombardement le soir et la nuit du coté de l’Hartmann.
La nuit duel de bombes et fusillade sur le 99ème Territorial.

Mardi 28 novembre

Pluie, vais bien.
De garde la nuit (8 h) en poste avancé, en plein découvert, on gèle de froid. Rafales de mitrailleuses. Nous avons un blessé, Fontaine, par ricochet à l’omoplate.
La nuit duel de bombes et grenades. Il fait un « noir » terrible et un avion allemand nous survole.

Mercredi 29 novembre

8 heures de garde la nuit, on gèle de froid. Violent bombardement sur l’Hartmann la soirée et la nuit.
Il fait un noir terrible et un avion allemand nous survole.
Rafales de mitrailleuses et duel de bombes.

Jeudi 30 novembre

Brouillard, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé, en plein terrain découvert,
On souffre beaucoup du froid et de la boue.
La nuit une sentinelle du 213ème tire un coup de fusil sur l’homme de liaison du poste n°5.

Vendredi 1°décembre

Brouillard, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Il fait un noir terrible,
La nuit on n’y voit pas à deux pas. On a aussi bien froid.
Fort bombardement de la première cote de l’Hartmannsvillerkopf sur nos positions. Duel de bombes et rafales de mitrailleuses.

Samedi 2 décembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. 10 heures de nuit c’est très dur ! On dort malgré soi étant de faction quoiqu’on ait bien froid.
Bombardement intermittent. Violent bombardement la nuit sur l’Hartmannsvillerkopf. Rafales de mitrailleuses et duel de bombes sur nos positions.

Dimanche 3 décembre

Froid, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. On n’a plus de repos, on dort malgré soi, de sentinelle.
Plusieurs avions nous survolent, ils sont fortement canonnés et se livrent bataille. Fort bombardement sur l’Hartmann. Sur nos positions bombardement intermittent. Rafales de mitrailleuses et duels de bombes la nuit.

Lundi 4 décembre

Beau, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Je prends la garde avec Pernaton de Tournus qui était saôul. Le lieutenant Arbault le prend qui dormait et lui « fout » plusieurs coups de poing et coups de pied, le traitant de saligaud de cochon, lui portant le revolver devant la figure en lui disant : « Vous mériteriez que je vous brûle la cervelle »
Bombardement intermittent sur l’Hartmann. Rafales de mitrailleuses et duels de bombes la nuit.
Nous avons pris 9 heures de garde la nuit avec la pluie à verse sur le dos. Toute la nuit des avions nous survolent
A notre gauche nous avons le 213ème à notre droite le 25…. ?

Mardi 5 décembre

Neige, vais bien.
De garde jour et nuit en poste avancé. 9 heures de garde la nuit par un temps affreux, avec la pluie et la neige sur le dos. Il y a de quoi en mourir, c’est terrible !
Rafales de mitrailleuses. L’ennemi chante dans les tranchées.
Des avions nous survolent. Fort bombardement du coté de l’Hartmann au cours de la nuit. La nuit il ne fait que pleuvoir, nous passons une bien mauvaise nuit. On est trempés jusqu’aux os et gelés de froid.
Rafales de mitrailleuses sur le 213ème.

Mercredi 6 décembre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Rafales de mitrailleuses et bombardement par intermittence.
La nuit l’ennemi chante à tue-tête et sonne les cloches à toute volée pendant plus d’une heure. C’est sans doute une victoire sur les Roumains qu’ils célèbrent.
Fort bombardement sur l’Hartmann la nuit.

Jeudi 7 décembre

Tranchée de l’Archenoltz
Brouillard, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé, la nuit 10 heures de garde.
Bombardement et rafales de mitrailleuses sur nos positions la nuit. La nuit fort bombardement sur l’Hartmann. La nuit il ne fait que pleuvoir, on est trempés jusqu’aux os.

Vendredi 8 décembre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé par un temps affreux.
Tir de l’artillerie ennemie sur nos positions l’après-midi. Heureusement personne n’est touché. Rafales de mitrailleuses et fusillades
Des avions nous survolent. On s’attend à une alerte qui ne se produit pas. Fort bombardement sur la cote 425 et l’Hartmann.

Samedi 9 décembre

Pluie, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé en terrain découvert.
Bombardements intermittents. Rafales de mitrailleuses sur nous qui posons des réseaux de fils de fer. On s’aplati rapidement. Heureusement personne n’est touché.
Violents bombardement dans la région de l’Hartmann et Metzeral. La nuit vive fusillade sur nos positions. La nuit l’ennemi traîne beaucoup de gros charrois devant nous, probablement de l’artillerie. On écoute davantage de trains en marche. La nuit il ne fait pas trop noir, on est mieux pour observer.

Dimanche 10 décembre

Beau, vais bien.
De faction nuit et jour au poste avancé, plein découvert.
Rafales de mitrailleuses de part et d’autre. Des avions ennemis nous survolent. Duel de bombes et torpilles sur nos positions.
Fort bombardement intermittent sur l’Hartmann, Metzeral, Seppois et sur notre secteur.

Lundi 11 septembre

Beau, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Matin duel de bombes et torpilles, rafales de mitrailleuses. Violent bombardement sur Uffholtz et l’Hartmannswillerkopf, ça chauffe fortement surtout du coté de l’Hartmann. De jour, plusieurs avions nous survolent et la nuit ils ont dû jeter des obus sur Belfort, on entend de forts éclatements. La nuit l’ennemi chante à tue-tête et la fusillade est très vive.

Samedi 12 décembre

Pluie vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé.
Le matin l’ennemi nous bombarde avec de grosses pièces.
Rafales de mitrailleuses. Notre grosse artillerie bombarde les positions ennemies. L’ennemi riposte avec des grosses pièces aussi. Violent bombardement dans la région de l’Hartmann.
La nuit il fait un temps affreux, il tombe de la pluie à verse et l’ennemi voyage devant notre réseau de fils de fer cherchant à faire un coup de main qui a avorté.
Je me suis disputé avec un autre camarade qui m’a traité de con.
Alors il a reçu un coup de poing formidable dont j’ai eu bien regret ensuite car je l’avais trop frappé. Il avait aussi dégainé la baïonnette et menaça de m’enfiler, alors j’ai aussitôt croisé avec lui ce qui l’a calmé aussitôt. Cela aurait pu être tragique s’il m’avait touché, mais il a eu peur et s’est sauvé. Il était 8 heures du soir, il faisait si noir que l’on se voyait à peine. C’est à notre poste de garde que c’est arrivé pour une question de rien, il ne voulait pas me faire de place dans le poste d’écoute, il se disait fort en boxe et en bâton. Mais il avait trouvé son homme tout de même ! J’étais énervé, on m’avait rousti (volé?) ma peau de mouton et il pleuvait à plein temps, c’est lui qui a trinqué.

Mercredi 13 décembre

Neige, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé par une pluie à verse.
Nous préparons nos sacs de jour pour le départ de demain.
Rafales de mitrailleuses et bombardement intermittent sur nos positions. Des avions nous survolent. Violent bombardement sur L’Hartmann.

Jeudi 14 décembre

Beau, vais bien.
Nous sommes relevés ce matin à 7 heures par le 152ème.
Plusieurs avions français et allemands nous survolent et se livrent combat. Violent bombardement sur l’Hartmann et Seppois.
Le canon tonne furieusement sur toutes nos positions d’Alsace.

Vendredi 15 décembre

Brouillard, vais bien.
De repos au cantonnement de Ballersdorf. Forte distribution d’effets.
L’artillerie est des plus actives dans notre région. Plusieurs avions français et allemands nous survolent. Fort bombardement jour et nuit.

Samedi 16 décembre

Beau, vais bien.
De garde au poste de police pour 24 heures. Bombardement intermittent dans notre région. Des avions nous survolent.
Départ de 15 puis de 5 permissionnaires à la compagnie.

Dimanche 17 décembre

Beau, vais bien.
Plusieurs avions français et allemands nous survolent, ils sont fortement canonnés. Bombardement dans notre région de part et d’autre.

Lundi 18 décembre

Neige, vais bien.
A l’exercice soir et matin. Bombardements intermittents. Plusieurs avions nous survolent. Fort bombardement sur notre gauche, cote 425 et l’Hartmann.
On construit une ligne à voie étroite pour ravitailler et emmener les renforts sur le Chenotz et dans les bois de Carspach.

Mardi 19 décembre

Brouillard, vais bien
Matin à l’exercice, soir marche jusqu’à Retzwiller. Des avions survolent nos positions. Bombardement intermittent des positions adverses.

Mercredi 20 décembre

Froid, vais bien.
Matin tir de l’obus modèle… ? . Soir tir à la grenade.
Violents bombardement sur Largitzen et Seppois. Le soir neige, il fait très froid. Bombardement intermittent.

Jeudi 21 décembre

Froid, vais bien.
Matin de repos au cantonnement. Le soir aux douches et pose de fils de fer barbelés. Bombardement intermittent. Deux avions nous survolent.

Vendredi 22 décembre

Beau, vais bien.
Matin tir au fusil-mitrailleur, soir exercice. Des avions survolent nos positions. Violent bombardement des positions ennemies par notre artillerie toute la nuit.

Samedi 23 décembre

Pluie, vais bien.
Matin creusé un boyau de renfort en ligne. Plusieurs avions nous survolent. Fort bombardement des positions ennemies qui répondent faiblement.

Dimanche 24 décembre

Beau, vais bien.
De garde au poste de police. Plusieurs avions français et allemands nous survolent et se livrent bataille, ils sont fortement canonnés.
Soir souper aux queues de cochon, il y en a plus de quarante mais elles n’ont pas été coupées bien longues, ce n’est pas nous qui mangeons les bons morceaux !
Bombardement intermittent.
Nous en conduisons plusieurs au poste de police en état d’ivresse. On leur fait cuver leur vin au poste.

Lundi 25 décembre.

Noël au cantonnement de Ballersdorf.
Pluie, vais bien. De repos au cantonnement.
Bombardement intermittent.
Départ d’une corvée de 25 hommes de la compagnie pour remplacer pendant huit jours ceux qui reviennent. Ils sont à la disposition de l’artillerie.
Des avions nous survolent. Bombardement intermittent.

Mardi 26 décembre

Pluie, vais bien.
A l’exercice matin et soir. Bombardement intermittent.

Mercredi 27 décembre

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement.
Je pars ce soir pour faire un stage pour l’obus à fusil V B à Chavannes. Couché à Valdieu dans une épicerie, reparti le lendemain pour Chavannes. Arrivé à 9 heures au cantonnement de Chavannes.

Jeudi 28 décembre

Pluie, vais bien.
Arrivé à 9 heures du matin. Repos au cantonnement.
On est mal logés, surtout pour coucher. Les gens sont très agréables.

Vendredi 29 décembre

Pluie, vais bien.
Matin repos au cantonnement. Soir exercice de tir au canon V B et théorie sur l’obus V B.

Samedi 30 décembre

Pluie, vais bien.
Matin théorie sur le rôle de la défensive et de l’offensive des combattants du V B.
Soir ai été au bois couper des tampons de bois pour remplacer les obus réels dans l’exercice.

Dimanche 31 décembre

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement.
Le soir ai été à la pêche à la trouble avec deux engins.
Eté voir l’ami Faillard à Reppe. Pris une forte cuite en mangeant une bonne friture (7 livres de poisson)

Lundi 1° janvier 1917

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement. Ai été à la pêche et rapporté 8 livres de poisson qu’on va manger ce soir. On les a fortement arrosés !

Mardi 2 janvier

Pluie, vais bien.
Matin repos au cantonnement. Soir ai été au bois chercher des perches pour faire des obus en bois pour l’exercice.
Mon ami Faillard est parti en permission ce soir.

Mercredi 3 janvier

Pluie, vais bien.
Matin repos au cantonnement, soir exercice de lancement d’obus en bois.

Jeudi 4 janvier

Pluie vais bien.
Matin exercice de lancement d’obus en bois. On nous retire nos tromblons. Soir exercice d’offensive.

Vendredi 5 janvier

Pluie, vais bien.
Matin et soir à l’exercice de l’offensive. Soir repos au cantonnement.

Samedi 6 janvier

Pluie, vais bien.
Matin départ de Chavannes pour la tranchée. Arrivés à l’Archenoltz à 17 heures. Trouvé la section en réserve. Les 1ère et 3ème sections sont en ligne à l’écluse 27
(voir table de tir )

Dimanche 7 janvier

Pluie, vais bien.
De corvée pour les tranchées et renfort le matin. Bombardement intermittent le soir.
Rafales d’artillerie et de torpilles sur les positions du Chenoltz et rafales de mitrailleuses jour et nuit par intermittence. Fort bombardement sur la cote 425 et Uffholtz.
La nuit plusieurs avions nous survolent se dirigeant sur Belfort et d’autres sur l’Allemagne. Ils sont fortement canonnés.
L’ennemi bombarde Hagenbach, plus de trente obus y sont tombés.
En réserve de l’écluse 27. Une section en ligne à l’écluse.

Lundi 8 janvier

Pluie et neige, vais bien.
De corvée pour la tranchée et renfort. Bombardement intermittent et rafales de mitrailleuse. Le matin fort bombardement par grosses pièces sur Mulhouse. Des avions nous survolent. Travail de nuit à la tranchée.

Mardi 9 janvier

Beau, vais bien.
De corvée le jour, la nuit de garde au poste d’observation. Bombardement intermittent de part et d’autre des positions, et rafales de mitrailleuse. Plusieurs avions français et allemands nous survolent. Nos grosses pièces ont mis le feu à une usine et un bois ennemis. Elles bombardent également Mulhouse toutes les demi-heures.

Mercredi 10 janvier

Neige, vais bien.
Le jour de corvée, la nuit de garde. Bombardement intermittent de nos grosses pièces sur Mulhouse. Plusieurs avions français et allemands survolent nos positions. Rafales de mitrailleuse nuit et jour.

Jeudi 11 janvier

Beau, vais bien.
Jour, de corvée, nuit, de garde au poste d’observation.
Bombardement intermittent de part et d’autre. Un avion allemand survole nos positions. Bombardement par rafales sur les ravitaillements de l’ennemi au cours de la nuit.
Violent bombardement sur notre gauche, cote 425 et Uffholtz.

Vendredi 12 janvier

Neige, vais bien.
Jour de corvée, nuit de garde au poste d’observation.
Bombardement intermittent de part et d’autre et rafales de mitrailleuse. La nuit tir d’artillerie sur les positions de Burnhaupt
Un avion ennemi survole nos positions. Nuit et jour bombardement de torpilles sur les positions du Chenoltz. Ce sont de terribles morceaux de cent kg qui tombent nuit et jour.

Samedi 13 janvier

Neige, vais bien.
Le jour de corvée, la nuit de garde au poste d’observation. Fort bombardement par notre artillerie sur les positions ennemies du Chenoltz pendant 6 heures. La nuit bombardement intermittent et duel de bombes et de torpilles.

Dimanche 14 janvier

Neige, vais bien.
De jour de corvée, de nuit de garde au poste d’observation. Une escadrille ennemie nous survole, elle est fortement canonnée. Fort bombardement sur les positions du Chenoltz nuit et jour avec des pièces lourdes et torpilles de 100 kg qui produisent des effets terribles. Rafales de mitrailleuses.

Lundi 15 janvier

Neige vais bien
Le jour de corvée la nuit de garde au poste d’observation.
Forts bombardements la nuit et le jour de torpilles de plus de 100 kg sur les positions du Chenoltz. C’est terrible d’entendre les éclatements terribles de ces engins meurtriers.
Trois avions survolent nos positions.

Mardi 16 janvier

Froid, vais bien
Le jour de corvée la nuit de garde au poste d’observation.
Le matin le bombardement de grosses torpilles continue. Un avion allemand nous survole. Violent bombardement sur la cote 425 et Uffholtz. Rafales de mitrailleuse et bombardement intermittent. Deux soldats du 152ème qui se trouvaient à la tranchée du Chenoltz se sont constitués prisonniers à l’ennemi en face.

Mercredi 17 janvier

Neige, vais bien.
Jour de corvée nuit de garde au poste d’observation. Bombardement intermittent d’obus et de torpilles sur les positions du Chenoltz. Rafales de mitrailleuses nuit et jour.
On s’attend à une attaque boche.

Jeudi 18 janvier.

Neige, vais bien.
Jour corvée nuit garde à l’observatoire
Bombardements intermittents jour et nuit d’obus et torpilles ainsi que rafales de mitrailleuse.
Un homme de la corvée qui pose des fils de fer en avant des lignes la nuit a été blessé à l’épaule par une de nos sentinelles qui n’était pas avertie de la corvée. Mon camarade Dru et mon caporal étaient de la corvée. Le blessé est un nommé Ledoux marinier dans le civil. Il a le bras cassé.
Un avion allemand a survolé nos lignes pendant le jour quoiqu’il y ait beaucoup de brouillard.

Vendredi 19 janvier

Neige vais bien.
Jour corvée, nuit garde à l’observatoire. Bombardement intermittent jour et nuit sur les positions du Chenoltz. Des masses de fusées-signaux sont lancées sur les positions du Chenoltz.

Samedi 20 janvier

Froid, vais bien.
La nuit de garde à l’observatoire, le soir de corvée devant la tranchée de l’écluse 27. A 2 heures du matin violent bombardement par nous sur Largitzen suivi d’un coup de main
qui nous a réussi. Bombardement intermittent de part et d’autre.
Il a été particulièrement fort sur les positions de Largitzen et Chenoltz. Rafales de mitrailleuses et torpillage sur le Chenoltz.
Un avion allemand survole nos positions. Au poste 5 tranchée 22
Il y a un blessé au 152ème par une balle.

Dimanche 21 janvier

Beau, vais bien. Jour de repos.
Nuit de garde à l’observatoire. Matin bombardement intermittent.
Plusieurs avions français et allemands nous survolent toute la journée. Soir violente fusillade sur notre gauche sur Burnhaupt ou la cote 425, il y a dû y avoir une attaque. Violent bombardement de notre artillerie sur les positions ennemies du Chenoltz et patelins ennemis suivi d’une attaque de notre groupe-franc et celui du 152ème qui a bien réussi. Nous avons été alertés au moment que l’on mangeait la soupe. Les obus et les balles pleuvaient violemment sur nous. On a rejoint nos postes par bonds. Heureusement personne n’est atteint.
Attaque du Chenoltz par les groupes-francs du 152ème et du 334ème. A notre groupe il y a eu 6 hommes blessés et un mort.
Au 152ème il y a eu 3 morts et 15 blessés. L’attaque a bien réussi mais les boches avaient évacué la 1ère tranchée.

Lundi 22 janvier

Temps couvert, vais bien.
Ce matin nous sommes relevés à 5 heures par la 4ème section.
Nous sommes en ligne près du 152ème, on fait liaison et prenons la garde avec eux. Nous sommes bien mal logés, 3 escouades ensemble. Bombardement intermittent sur nos positions et rafales de mitrailleuses.
Jour et nuit de garde. Violent bombardement sur la cote 425 et Burnhaupt.
Un avion allemand nous survole.

Mardi 23 janvier

Froid, vais bien.
De garde à la digue et d’ordinaire. Bombardement intermittent sur nos positions jour et nuit. Rafales de mitrailleuses.
Forts bombardement du coté d’Uffholtz et l’Hartmann.
La nuit de garde 6 heures au poste n°1 du 152ème.
Trois heures de garde par un froid terrible et sans feu dans l’abri pour se reposer.
« Ils » font des patrouilles toute la nuit entre les deux réseaux.

Mercredi 24 janvier

Neige, vais bien.
En réserve à la digue de l’écluse n°27 du canal du Rhône au Rhin.
Le jour, de travail à la tranchée, la nuit de faction devant l’ennemi. Bombardement intermittent de part et d’autre avec rafales de mitrailleuse la nuit. Posé un réseau de fils de fer en arrière de notre tranchée de 1ère ligne. Fort bombardement sur les positions de Seppois et de Largitzen.

Jeudi 25 janvier

Froid, vais bien.
Jour, de garde à l’observatoire de la digue. Bombardement intermittent sur nos positions. Plusieurs avions nous survolent et se livrent combat. Un avion de chasse ennemi est abattu par un des nôtres. L’appareil est tombé en flammes entre les lignes à 30 mètres de la nôtre au Chenoltz. L’aviateur a été réduit en miettes ainsi que l’avion, il était 15heures30.
Violent bombardement la nuit sur Largitzen et Seppois. Il doit y avoir eu une forte attaque.
Le 152ème qui nous joint est relevé par le 43ème Chasseurs Alpins.

Vendredi 26 janvier

Froid, vais bien.
Le jour travail à la tranchée, la nuit de garde à l’écluse n° 27.
De grand matin des avions survolent nos positions, ils sont fortement canonnés.
Violente canonnade sur Burnhaupt et la cote 425.
Au 43ème Chasseurs il y a eu 3 hommes tués et 7 blessés par des torpilles ennemies.

Samedi 27 janvier

Froid vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Fort bombardement intermittent des positions de part et d’autre avec rafales de mitrailleuses. Plusieurs avions nous survolent, ils sont fortement canonnés.
A la nuit alerte, nous craignons une attaque de l’ennemi mais il n’est pas sorti.

Dimanche 28 janvier

Froid, vais bien.
Occupé aux travaux de tranchées. Violents sur la cote 425 et Uffholtz. Plusieurs avions français et allemands ne cessent de survoler nos lignes d’Alsace, il doit cacher quelques grands mouvements de troupes. De chaque coté on s’attend d’un moment à l’autre à de fortes attaques. Huit divisions seraient arrivées dans nos parages.
Sur nos positions lutte très vive d’artillerie et de torpilles, principalement sur les réserves de chaque coté avec rafales de mitrailleuses.

Lundi 29 janvier.

Froid, vais bien.
Occupé à faire des éléments de tir sur la tranchée. Quatre avions allemands nous survolent et règlent le tir de leurs batteries qui harcèlent d’obus fusants et pénétrants.
Notre artillerie envoi plusieurs rafales sur les patelins ennemis devant nous. Violent bombardement dans la région de l’Hartmannsvillerkopf. Plusieurs reprises nuit et jour.

Mardi 30 janvier

Froid, vais bien.
Occupé à faire des éléments de tir. Des avions nous survolent à plusieurs reprises dans le jour, le temps n’est pas clair, ils ne peuvent guère voir L’ennemi bombarde violemment nos réserves du Chenoltz et du rendez-vous de chasse, et torpille nos tranchées. Il y a 3 morts et 7 hommes blessés au 43ème Chasseurs
Notre artillerie répond énergiquement. Violent bombardement du coté de l’Hartmann.
L’ennemi s’est avancé vers le poste n°5 du 43ème Chasseurs et a posé un réseau de fils de fer barbelés sur la chaussée du canal. Nos sentinelles les ont mis en fuite à coups de fusils et grenades

Mercredi 31 janvier

Froid, vais bien.
Occupé à faire des éléments de tir. Un avion ennemi repère nos positions à faible hauteur, nos mitrailleuses tirent dessus. L’ennemi bombarde nos tranchées et réserves. Violent bombardement du coté de la cote 425 et l’Hartmann.

Jeudi 1° février

Froid, vais bien.
Jour, de repos et de garde la nuit. Un avion ennemi survole nos positions. Bombardement intermittent de part et d’autre avec rafales de mitrailleuses. La nuit le groupe-franc du 43ème placé en embuscade entre les lignes a attaqué une patrouille ennemie forte de 16 hommes.
Plusieurs coups de fusils et grenades ont été échangés. Un ennemi a été tué et les autres ont réussi à prendre la fuite.
On a emporté le mort qui n’avait aucun papier sur lui, que des grenades.

Vendredi 2 février

Froid, vais bien.
On a remplacé ce matin à 5 heures la 4ème section qui a été à l’écluse n° 27 en 1ère ligne. Violent bombardement intermittent sur la cote 425 et Uffholtz. Un avion ennemi nous survole. Bombardement intermittent de nos positions avec torpilles et obus. La nuit des patrouilles ennemies ont toutes passé le canal sur la glace et tenté d’enlever nos sentinelles qui les ont reçu à coups de fusil et grenades avec le 43ème Chasseurs qui nous joint

Samedi 3 février

Froid, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. On gèle de froid. L’ennemi nous envoi plusieurs obus et torpilles, heureusement personne n’est touché. Des avions survolent nos positions. Fort
Bombardement sur la cote 425 et Uffholtz.

Dimanche 4 février

Froid, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Bombardement intermittent sur nos positions avec rafales de mitrailleuses. Nos grosses pièces bombardent les positions ennemies du Chenoltz et de Largitzen. Deux avions français survolent les lignes ennemies.
Deux ennemis qui tentaient de nous approcher ont été mis en fuite à coups de fusil.


Lundi 5 février

Froid, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Des avions français survolent nos positions. Violent bombardement par notre artillerie des positions ennemies de Burnhaupt qui a duré plus de 10 heures et a été suivi d’une attaque. C’est le 6ème bataillon qui a attaqué. Nos troupes ont pénétré dans les tranchées ennemies sur trois points mais n’ont trouvé personne, l’ennemi avait évacué la 1ère ligne.

Mardi 6 février

Neige, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Un avion nous survole Bombardement intermittent de part et d’autre avec rafales de mitrailleuses.

Mercredi 7 février

Froid, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. L’ennemi bombarde fortement nos abris, personne n’est touché. Trois avions nous survolent. Fort bombardement sur Burnhaupt
La nuit rencontres de patrouilles et fusillades.

Jeudi 8 février

Froid, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. L’ennemi bombarde fortement nos abris. Plus de cent gros obus de 150mm nous sont envoyés. Un obus tombe sur notre abri de fusils à trois mètres de notre abri de couchage où était toute l’escouade. Bilan 9 fusils de brisés sur 11 et tout l’équipement et les baïonnettes.

Moi il ne me reste plus rien. Personne n’est touché heureusement. Un avion règle le tir, on s’attendait à une attaque la nuit, mais il n’y a rien eu. Nos fusils sont remplacés pour la nuit. Violent bombardement du coté de Seppois.

Vendredi 9 février

Froid, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Fort bombardement à notre gauche sur la cote 425, Burnhaupt et l’Hartmann, ainsi qu’à notre droite sur le Chenoltz, Largitzen et Seppois.
La journée est très mouvementée. Plusieurs avions nous survolent et se livrent combat. Il se prépare de durs combats.

Samedi 10 février

Froid, vais bien
De faction jour et nuit au poste avancé. Plusieurs avions français et allemands nous survolent. Tirs de repérage de nos pièces sur les positions ennemies devant nous. Tous les obus ont bien porté.
Violent bombardement dans la région de l’Hartmann. Chez nous bombardement intermittent avec rafales de mitrailleuses. Les patrouilles ennemies tentent de s’approcher de nos postes avancés de nuit, elles sont reçues à coups de fusil et grenades.

Attaque d’une tranchée

Dans l’Aisne une tranchée creusée dans un repli de terrain qu’on
Croyait abritée par des broussailles a été subitement attaquée par une colonne ennemie soutenue par deux batteries lourdes. La tête et le gros de la colonne ayant pu pénétrer dans la tranchée il s’en suivi un violent corps à corps.
Après de nombreux mouvements d’avance et de recul et des décharges terribles occasionnant de pa rt et d’autre des pertes sensibles, la colonne très réduite dû se replier faute de munitions
On s’attendait à de nouveaux corps à corps dans la nuit mais les Anglais ayant immédiatement renforcé la position, il est probable qu’une accalmie se produira pendant 3 ou 4 jours.

Dimanche 11 Février

Froid, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Grande activité aérienne et d’artillerie dans tous nos parages de part et d’autre. La nuit duel de bombes et torpilles.

Lundi 12 février

Pluie, vais bien.
De faction jour et nuit au poste avancé. Violent torpillage et obus sur le Chenoltz. Plusieurs avions nous survolent. Fort bombarde- ment dans tout le secteur avec rafales de mitrailleuse et grenades.

Mardi 13 février

Brouillard, vais bien.
De garde jour et nuit au poste avancé. Violents torpillages sur le Chenoltz et bombardement intermittent sur le reste du secteur.

Mercredi 14 février

Froid, vais bien.
Nous sommes relevés ce matin à 4 heures par le 152ème d’Active.
De repos au cantonnement d’Hagenbach. Violent bombardement intermittent des positions du Chenoltz et Seppois. C’est partout fort mouvementé le jour et la nuit.

Jeudi 15 février

Froid, vais bien.
Partis d’Hagenbach ce matin à 6 heures. L’ordre de départ est arrivé dans la nuit. Arrivés au cantonnement de Méroux à 14 heures après être passés par Valdieu, Montreux- le- vieux.
Fait 25 kilomètres.


En permission jusqu’au 6 mars.

Mercredi 7 mars

Cantonnement d’Auxelles-le-Bas.
Brouillard, vais bien.
Arrivé de permission hier. Le soir ai été à l’exercice. La nuit violent bombardement du coté de Burnhaupt et Seppois.

Jeudi 8 mars.

Neige, vais bien.
Le cafard !! A l’exercice matin et soir.

Vendredi 9 mars.

Beau, vais bien.
Matin tir au V B, soir exercice

Samedi 10 mars

Beau, vais bien.
Matin exercice, soir manœuvre d’assaut

Dimanche 11 mars

Beau, vais bien. Matin revue d’armes, soir repos.

Lundi 12 mars

Pluie, vais bien.
Matin et soir exercice.

Mardi 13 mars

Brouillard vais bien.
De repos pour le départ de demain.

Mercredi 14 mars

Cantonnement de la Cote (Cote Magny ?)
Pluie, vais bien.
Partis d’Auxelles-le-Bas à 6 heures du matin, passés par Ronchamp, arrivés à la cote à 12heures30. Logés chez le maire au cantonnement d’Amblans.

Jeudi 15 mars

Pluie, vais bien.
Partis à 7 heures, passés par Lure arrivés à 10heures au cantonne- ment. Eté à la visite à 10heures, bien fatigué. Repos au cantonne- ment de Villeminfroy.

Vendredi 16 mars

Cantonnement de Villeminfroy.
Beau, vais bien.
Repos au cantonnement. Revue d’armes et à la visite pour mes pieds qui sont blessés par la marche.
Un avion survole très bas le pays à la nuit, plusieurs fois, et atterri à la nuit tout près. J’ai été le voir, c’est un biplan de bombardement, pouvant transporter une charge de 800 kg.

Samedi 17 mars

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement. Ai été à la visite. Revue du cantonnement par le Commandant.

Dimanche 18 mars.

Beau, vais bien.
Eté à la visite, exempt d’exercices

Lundi 19 mars

Beau, vais bien
Matin tir au V B. Soir manœuvre de régiment.

Mardi 20 mars

Pluie et neige, vais bien.
Matin exercice, soir manœuvre.
Reçu à l’escouade 5 hommes de renfort, parmi eux mon ami Benoit Faillard, caporal !

Mercredi 21 mars

Temps couvert, vais bien.
Matin exercice, soir manœuvre.

Jeudi 22 mars

Camp de Villeminfroy. Temps couvert, vais bien.
Matin revue d’armes et d’effets, soir repos.

Vendredi 23 mars

Brouillard, vais bien.
Manœuvres de division qui ont été très pénibles.
Samedi 24 mars
Neige, vais assez bien.
Exempt de service.

Dimanche 25 mars

Neige, malade pour diarrhée.
Exempt de service.

Lundi 26 mars

Froid, vais assez bien.
Matin exercice. Soir, marches, manœuvres.

Mardi 27 mars

Temps couvert, vais assez bien.
Matin revue en tenue de campagne, soir repos.

Mercredi 28 mars

Neige, vais bien.
Matin exercice, le soir repos.

Jeudi 29 mars

Neige et froid, vais bien.
Matin repos, soir manœuvre de division avec le 159ème, le 43ème Chasseurs, le 41ème Chasseurs, le 213ème et le 334ème.

Vendredi 30 mars

Ouragan de pluie, vais bien.
Matin tir à l’obus V B, soir manœuvre de bataillon par un ouragan de pluie terrible.
Nous avons fait la manœuvre quand même. On est rentrés trempés jusqu’aux os et nos souliers pleins d’eau. C’est affreux de faire souffrir des hommes, pareil !

Samedi 31 mars

Beau, vais bien.
De repos au cantonnement pour le départ demain.
Demain dans l’après-midi on embarque au chemin de fer de Genevreuille à 5 km.

Dimanche 1° avril

Pluie et neige.
Départ de Genevreuille à 18 heures en chemin de fer. Passés par Vesoul, Besançon, Dôle, Dijon, Paris, Melun. Arrivés en gare de Longpont à 2 heures du matin.

Mardi 3 avril

Pluie, vais bien.
Arrivés à Longpont (Aisne). Débarqués à 2 heures du matin. On a attendu le jour pour rejoindre le cantonnement Le cantonne- ment n’était même pas libre, il était encore occupé par le 97ème Régiment d’Infanterie arrivé à 17 heures.

Mercredi 4 avril

Pluie, vais bien.
De repos au cantonnement. On entend le canon qui tonne violemment sur Soisson la nuit.

Jeudi 5 avril

Au cantonnement de Valsery.
Pluie et neige, vais bien.

Repos au cantonnement. On est mal cantonnés et les gens nous « estampent » notre bourse, tout est hors de prix.

 

Vendredi 6 avril

 

Beau, vais bien.

Partis ce matin à 7 heures,  passés par Coeuvres. Arrivés à Retheuil à 15heures 30 (soir)

 

Samedi 7 avril.

 

Neige, vais bien.

De repos au cantonnement.

Soir, revue de cantonnement.

 

Dimanche 8 avril.

 

Beau, vais bien.

Repos au cantonnement. Violent bombardement nuit et jour dans la région de Soissons. Plusieurs avions français nous survolent.

On a demandé des cantonniers pour les routes, je me suis fait inscrire.

Eté visité le château historique de Pierrefonds appartenant à l’Etat. C’est une vraie petite ville fortifiée fortement. On n’a pas été admis à visiter l’intérieur du château.

 

Lundi 9 avril

 

Pluie, vais bien.

Matin exercice, école du soldat.

La compagnie fait rentrer nos petits billets de banque de dix et vingt jours. Pour moi je les rends au caporal Couillin qui est chargé de les ramasser, il y prend note devant moi et Fayard.

Soir, exercice.

 

Mardi 10 avril

 

Neige, vais bien.

Matin, exercice et tir au V B.

6000 prisonniers par les Anglais.

 

Mercredi 11 avril

 

Beau, vais bien

Matin exercice, soir manœuvre.

 

Jeudi 12 avril

 

Beau, vais bien.

Matin exercice, soir repos.

Eté à Pierrefonds, et bu un bon coup de blanc.

 

Vendredi 13 avril

 

Beau, vais bien.

Matin exercice, soir marche et manœuvres.

Reçu l’ordre de partir pour la compagnie routière à 22heures pour partir le lendemain pour Croutoy.

 

Samedi 14 avril

 

Beau, vais bien.

Partis de Retheuil à 7heures arrivés à Croutoy à 10heures.

Soir, revue en tenue de campagne par le Capitaine.

 

Dimanche 15 avril

 

Pluie, vais bien.

Cantonnement de Croutoy

Adresse : Dupont au 554ème d’Infanterie, compagnie routière

(secteur n°204)

Soir, affectation des escouades de la compagnie routière. Je suis affecté à la 11ème escouade et mon collègue Dru à la 12ème.

 

Lundi 16 avril

 

Beau, vais bien.

Matin marche, soir revue d’armes. Violents bombardements sur les lignes de Soissons. Grande activité de nos avions nuit et jour.

 

Mardi 17 avril

 

Pluie, vais bien.

Matin repos, douche et installation du cantonnement.

 

Mercredi 18 avril

 

Neige, vais bien.

Matin et soir travail sur les chemins vicinaux. Violent bombardement jour et nuit sur les lignes et grande activité aérienne.

 

Jeudi 19 avril

 

Beau, vais bien.

Violent bombardement jour et nuit du coté de Compiègne et Soissons. Grande activité aérienne.

 

Vendredi 20 avril.

 

Beau, vais bien.

Nettoyage d’accotements matin et soir. Violent bombardement sur tout le front de Reims à Soissons. Grande activité aérienne

 

Samedi 21 avril

 

Beau, vais bien.

Départ de Croutoy à 8heures, passés Coeuvres et Vivières, arrivés à Villers-Cotterets à 12heures. Marché 20 km.

 

Dimanche 22 avril

 

Au cantonnement de Villers-Cotterets.

Beau, vais bien.

Départ ce matin à 7heures30 passés par la Ferté, arrivés à Dammard à 12heures30.

Eté voir une charrue de cinq fers menée par deux machines à vapeur qui labourent 1m50de terrain à la fois.

 

Lundi 23 avril

 

Camp de Dammard (Aisne)

Beau, vais bien.

Partis ce matin à 9heures30, arrivés à Château-Thierry à 5heures, soir. On est cantonné dans une grande ferme.

 

Mardi 24 avril

 

Beau, vais bien.

Repos au cantonnement de Château-Thierry. Ai été à Château-Thierry.

 

Mercredi 25 avril

 

Temps couvert, vais bien.

Réglé les accotements et saignées et fait les fossés. Violent bombardement sur la ligne de feu jour et nuit.

 

Jeudi 26 avril

 

Froid, vais bien.

De repos au cantonnement à la ferme de la « Maison Blanche » la propriété du député de l’endroit.

 

Vendredi 27 avril

 

Cantonnement de la ferme Blanchard à Château-thierry.

Repos au cantonnement. Violents bombardements jour et nuit sur Soissons et Reims.

Les camions ont emporté une nouvelle Division sur le front de Soissons à Reims.

 

Samedi 28 avril

 

Temps couvert, vais bien.

Réglé les accotements et curages des fossés sur les chemins vicinaux. Violents bombardements entre Soissons et Reims.

 

Dimanche 29 avril

 

Beau, vais bien.

Ai été à Château-Thierry avec mon ami Fayard qui est venu me voir. Violents bombardements sur Soissons.

 

Lundi 30 avril

 

Beau, vais bien.

Réglage d’accotements et fossés

 

Mardi 1° mai au jeudi 3 mai

 

Beau, vais bien.

Réglage d’accotements

Violent bombardement sur le front Soissons Reims

 

Vendredi 4 mai

 

Beau, vais bien.

Réglage d’accotements et fossés.

Terrible bombardement entre Soissons et Reims

 

Samedi 5 mai

 

Beau, vais bien.

Curage fossés et accotements. Violent bombardement sur Soissons et Reims.

 

Dimanche 6 mai

 

Giboulées, vais bien.

De repos au cantonnement.

 

Lundi 7 mai

 

Beau vais bien.

Curage fossés et accotements.

Violents bombardement sur Soissons et Reims

 

Mardi 8 mai

 

Pluie, vais bien.

Curage fossés et accotements.

Violent bombardement sur Soissons

 

Mercredi 9 mai

 

Temps couvert, vais bien.

Curage fossés et accotement.

Violent bombardement sur Soissons et Reims

 

Jeudi 10 mai 

 

Beau, vais bien.

Quitté la ferme Blanchard à 9heures.

Violente canonnade sur les lignes.

Cantonnés tout près de Coincy dans une grande ferme.

 

Vendredi 11 mai

 

Beau, vais bien.

On entend une violente canonnade.

Notre régiment a été transporté en 1° ligne en auto.

On a fait plus de 30 km, passés à Fismes. Arrivés à Baslieux à 17h15 du soir. Couchés dans un pré. Fatigués au dernier point.

 

Samedi 12 mai

 

Cantonnement de Baslieux

Beau, vais bien.

Monté les tentes pour coucher la nuit.

Grande activité d’avions, plus de cinquante tiennent les airs en tout temps au-dessus de nous. Violent bombardement dans notre secteur. Le régiment est en ligne.

 

Dimanche 13 mai.

 

Pluie, vais bien.

Partis à 11 heures, arrivés au cantonnement de Courlandon à 14h

Violent bombardement jour et nuit entre Soissons et Reims et grande activité aérienne. Le 6ème bataillon et le 534ème régiment sont en ligne et ont subi deux attaques boches qu’ils ont repoussées avec des pertes pour l’ennemi. De notre coté on aurait 50 hommes hors de combat.

 

Lundi 14 mai.

 

Cantonnement de Courlandon.

Beau, vais bien.

Nettoyage du cantonnement et des armes.

Violent bombardement jour et nuit sur toute la ligne de feu.

Grande activité d’avions.

 

Mardi 15 mai

 

Temps couvert, vais bien.

De repos au cantonnement.

Violent bombardement nuit et jour entre Soissons et Reims et

Grande activité aérienne.

 

Mercredi 16 mai

 

Pluie, vais bien.

Cantonnement de Courlandon, repos au cantonnement.

Violent bombardement jour et nuit entre Reims et Soissons

Quel transport il faut pour une Armée ! C’est plusieurs centaines de camions automobiles et voitures de toutes sortes qui roulent sur la même route dans les parages. Sans compter plusieurs Decauvilles et trams qui sont dans la région.

 

Jeudi 17 mai.

 

Temps couvert, vais bien.

De repos au cantonnement de Courlandon.

Violents bombardements nuit et jour entre Reims et Soissons.

 

Vendredi 18 mai

 

Temps couvert, vais bien.

Nettoyage d’accotements. Grande activité aérienne. L’ennemi bombarde Fismes avec des pièces lourdes à longue portée.

 

Samedi 19 mai.

 

Beau, vais bien.

Nettoyage de la chaussée de Baslieux et accotements.

Grande activité d’avions et violents bombardements la nuit sur les positions de l’ennemi en face de Craonne.

 

Dimanche 20 mai

 

Beau, vais bien.

Le bombardement se poursuit des plus violents sur le secteur ennemi devant Craonne. Notre division doit attaquer.

Grande activité d’avions sur notre secteur.

La nuit, violents bombardements dans le secteur de Reims.

 

Lundi 21 mai

 

Cantonnement de Courlandon (Marne )

Pluie, vais bien.

Nettoyage de la chaussée et des accotements sur le chemin vicinal de Baslieux. L’ennemi bombarde Fismes avec une pièce de gros calibre. Violent bombardement entre Soissons et Reims jour et nuit. Deux avions ennemis nous ont détruit deux ballons d’observation entre Reims et Soissons qui sont tombés en flamme. On a vu que les observateurs se sont sauvés en parachute car on a très bien vu les parachutes qui sont sortis des saucisses. Nos aviateurs ont abattu l’avion ennemi dans nos lignes.

 

Mardi 22 mai

 

Pluie, vais bien.

Nettoyage du chemin vicinal et accotements de la chaussée de Baslieux. Violent bombardement sur notre secteur de la Division jour et nuit. Grande activité aérienne.

 

Mercredi 23 mai.

 

Cantonnement de Courlandon.

Beau, vais bien.

Nettoyage accotements et mis de la pierre.

La nuit, violent bombardement dans notre secteur. Notre Division a été fort éprouvée. Grande activité aérienne.

Dans l’attaque menée par notre Division tous les points qu’on voulait atteindre ont été atteints.

C’est le 152ème d’infanterie, le 43ème Chasseurs, la 19ème cie du 334, et la 23ème (la 18ème étant en réserve) du 41ème chasseurs.

Les compagnies d’attaque ont été fortement éprouvées. Le Capitaine et deux officiers de la 19eme du 334eme ont été tués et plusieurs hommes ainsi que dans la 17eme et 23eme. Mon camarade Guérineau qu’est sergent à la 19eme est tué.

 

Jeudi 24 mai.

 

Beau, vais bien.

Cassage et accotement. L’ennemi nous bombarde avec de grosses pièces et arrose le pays d’une trentaine de gros obus.

Le tir est réglé par deux avions qui nous survolent. Les obus ont creusé des trous de 7 m de diamètre et autant de profondeur.

La nuit les avions viennent nous bombarder avec de grosses torpilles. Nos avions ont engagé avec eux un violent combat.

Il n’y a pas eu de victimes.

 

Vendredi 25 mai

 

Beau, cassage de pierres et accotements.

Ce matin vers 12 heures un avion ennemi qui survole Coulandon où nous sommes a été abattu par un des nôtres après un dur combat. Il est tombé en feu tout près des baraquements de l’hôpital d’évacuation. Les aviateurs, deux officiers, ont été tués dans la chute. Plusieurs débris se sont détachés de l’appareil et sont tombés après plusieurs minutes d’intervalle.

Grande activité aérienne. Le canon gronde violemment entre Soissons et Craonne. La nuit des avions ennemis sont venus jeter de grosses bombes sur le cantonnement. Il n’y a pas eu de victimes.

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